‹ Elévations sur les mystèresChapitre 133 sur 229 · SUR LA PRÉDICTION DE LA VIRGINITÉ DE LA SAINTE MÈRE DE DIKU · texte numérisé non relu

SUR LA PRÉDICTION DE LA VIRGINITÉ DE LA SAINTE MÈRE DE DIKU

« Tout ceci a été fait pour accomplir ce que le Seigneur avail dit par Isaïe : Voici qu'une vierge concevra dans son sein et enfantera un fils; eivous nommerez son nom Emmanuel, c'està-dire. Dieu avec nous ^ »

C'est la gloire de l'Église chrétienne. Quelle autre société a seulement osé se vanter d'avoir pour instituteur le fils d'une vierge? Un si beau titre n'était jamais tombé dans l'esprit humain, et cette gloire était réservée au christianisme. Aussi estce la seule religion où la perpétuelle virginité a été en honneur, où elle a été consacrée à Dieu, où l'on a souffert toutes sortes de persécutions et la mort même plutôt que de consentir à un mariage humain. Jésus-Christ s'est déclaré l'époux des vierges ; c'est lui qui a fait connaître au monde ces « eunuques spirituels, » autrefois prédits par les prophètes 2, mais qui n'ont paru que dans la religion chrétienne. Il a inspiré à son apôtre que la sainte virginité est la seule qui peut consacrer parfaitement à Dieu un cœur incapable de se partager 3. Fils d'une Vierge, vierge lui-môme; qui a pris pour son précurseur Jean-Baptiste vierge, et pour son disciple bien-aimé saint Jean vierge aussi, selon toute la tradition chétienne; dont les apôtres, qui ont tout quitté, principalement leurs femmes (ceux qui en avaient) pour le suivre; toujours par conséquent dans la compagnie et pour ainsi dire entre les mains de la continence; où il ne faut pas s'étonner si, comme la foi, la sainte virginité a eu ses martyrs. Aussi les persécuteurs môme ont reconnu la pudeur des vierges chrétiennes : « On les voyait, dit saint Ambroise, affronter les supplices et craindre les regards : « Impavidus ad cruciatus, erubescentes ad aspectus^ : au milieu des tourments et livrées aux hôtes farouches et à des taureaux furieux

1 Matth., I, 22-24; Isa., vu, 14. — 2 Isa., lvi, 3-5; Matth., xix, 12. — 3 I Cor , vif, 32-35. — ' Arabr., De Virg.

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qui les jetaient eu l'air, soigneuses de la pudeur, méprisant les tourments et la vie, et n'ayant pour ainsi parler que le front tendre dans un corps de fer; dignes témoins, dignes martyres de celui qui est tout ensemble Fils de Dieu et fiJs d'une vierge. Fils de Dieu et fils d'une vierge : oes deux choses devaient aller ensemble, afin qu'on pût dire en tous sens : « Qui comprendra sa génération * » toujours virginale, et dans le sein de son père, et dans celui de sa mère? 0 Jésus, nous la croyons, si nous ne pouvons pas la comprendre. Elle nous apprend qu'il n'y a rien de plus incompatible que l'impureté et la religion chrétienne. Élevé parmi des mystères si chastes, qui peut souffrir de la corruption dans sa chair? Le seul nom de Jésus n'inspire-t-il pas la pureté? Qui peut seulement le prononcer avec des lèvres souillées? Mais qui peut approcher de son corps, l'unique fruit d'une mère vierge, si pur qu'il n'a pu souffrir ni en lui-môme ni en sa Mère môme la sainteté nuptiale : qui peut, dis-je, approcher de ce sacré corps avec des sentiments impurs, ou ne pas consacrer son corps chacun selon son état à la pureté après l'avoir reçu? Ministres sacrés de ses autels, soyez donc purs comme le soleil : Chrétiens en général, détestez toute impureté : Vierges consacrées à Jésus-Christ, ses chères épouses, soyez jalouses pour lui ; et ne laissez en vous aucun reste d'un vice qui a tant de secrètes branches. Mais si vous voulez être vierges de corps et d'esprit, humiliez-vous : n'aimez ni les regards ni les louanges des hommes: cachez-vous à vous-même, comme une vierge pudique, qui, loin de se faire voir, n'ose pas seulement se regarder, quoique seule : un regard sur vous-même, une complaisance, non seulement pour cette fragile beauté qui pare la superficie du corps, mais encore pour la beauté intérieure, est une espèce d'abandonnement. Femmes chrétiennes, vierges chrétiennes, et vous dont le célibat doit être l'honneur de l'Église, soyez soigneux d'une réputation qui fait l'édification publique. Considérez Jésus- Christ notre pontife : parmi tous les opprobres qu'il a soufferts, jusqu'à être accusé conmie « un homme qui aimait le vin et la bonne chère ^ » il n'a pas voulu que sa pudeur ait ja- ^•îiais eu la moindre atteinte : on « s'étonnait de le voir parler en particulier à une femme 3, » qu'il convertissait et avec elle sa

» Isa., un, 8. — 2 MatiU., xi. la — ^ 'oan., iv, 27.

patrie : et il agissait en tout d'une manière si épurée et si sérieuse, que, nialgré la malignilé de ses ennemis, son intégrité de ce côtc-là est demeurée sans soupçons. Pourquoi i'a-t-il voulu de cette sorte, si ce n'est pour nous, afin de nous faire voir combien nous devons être soigneux, autant qu'il nous est possible, de n'être pas seulement soupçonnés dans une matière si délicate, où le genre humain est si emporté, si malin et si curieux?

nV ÉLÉVATION.

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