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îa veille de sa ruine, la lumière de la vérité devait luire ào.ns la synagogue; et il devait êlre toujours véritable jusqu'à la fin, comme dit le môme Sauveur : « Les docteurs de ia loi et les pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse, faites donc ce qu'ils enseignent » tous ensemble et en corps, « mais ne faites pas ce qu'il» font * : » tant il était véritable que la lumière subsistait toujours dans le corps de la synagogue qui allait périr.
C'est ce qui parut à Jérusalem sur l'interrogation des mages. Les pontifes et les docteurs de la loi allèrent d'abord au but sans hésiter : le roi, c'était Hérode, les assembla pour les consulter : il faut répondre alors. Quand les rois qui interrogent seraient des Hérodes, on leur doit la vérité quand ils la demandent, et le témoignage en est nécessaire.
« Le roi des Juifs, disent-ils 2, doit naître dans Bethléem : car c est ainsi qu'il est écrit dans le prophète Michée: et toi, Bethléem, tu n'es pas la dernière entre les villes de Juda : car de toi sortira le chef qui conduira mon peuple d'Israël '. » Il fallait avoir de la force pour oser dire à un roi si jaloux de la puissance souveraine, qu'il y avait un roi prédit au peuple, et que c'était lui qu'on cherchait ; de sorte qu'il était au monde : mais il fallait que la synagogue, quelque tremblante qu'elle fût sous la tyrannie d'Hérode, rendît ce témoignage.
'Voici encore une autre merveille : c'est à la poursuite d'Hérode que se fait cette authentique déclaration de toute la synagogue : Hérode ne fut poussé à la consulter que par la jalouse fureur qu'il va bientôt déclarer; mais Dieu se sert des méchants et de leurs aveugles passions pour la manifestation de ses vérités.
11 y a encore ici un autre secret. Dieu cache souvent ses mystères d'une manière étonnante. C'était un des embarras de ceux qui avaient de la peine à reconnaître Jésus-Christ, qu'il paraissait Gahléen, et que Nazareth était sa patrie. « Le Christ doit-il venir de Galilée? Ne savons-nous pas, disent-ils, qu'il doit naître du sang de David, et môme de la bourgade de Bethléem, où David demeurait ^? » Et Nathanaël, cet homme « sans fard et fraude, ce vrai Israélite, » ne fut-il pas lui-môme dans cet embarras, quand on lui dit : « Nous avons trouvé le Messie : c'est Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Quoi, répliqua-t-il, peut-il venir quelque
* Matth., xxiii, 2, 3. — 2 Ibid., 11, 2, 5, 6. — 3 Mich., v, 2. — ♦ Joan.f VII, 41, 42.
chose de bon de Nazareth *? » N'est-ce pas lielhléem, J;i trihn de Jiida, qui nous doit donner ce Christ que vous m'annoncez? Quoique Jésus-Christ pût dès lors leur découvrir le lieu de sa naissance, nous ne lisons pas qu'il l'ait fait. Dieu veut que ses mystères soient cherchés.
Approfondissez humblement: ne vous opiniâtrez pas à rejeter Jésus-Christ, sous prétexte qu'un des caractères de sa naissance n'est pas encore éclairci : si vous cherchez bien, vous trouverez que ce Jésus conçu à Nazareth et nourri dans cette ville comme dans son pays, par une secrète conduite de la divine sagesse, est venu naître à Bethléem. Ainsi ce qui faisait la difficulté se tourne en preuve pour les humbles : et Dieu avait préparé cette solution de l'énigme, premièrement par le témoignage des bergers, mais dans la suite d'une manière plus éclatante à l'avènement des mages dans Jérusalem.
La demande qu'ils y firent hautement du lieu où devait naître le Christ fut connue de tout le monde, « et tout Jérusalem en fut troublé aussi bien qu'Hérode 2. » La réponse de i'assemblée des pontifes et des docteurs consultés par ce roi ne fut pas moins célèbre : et le meurtre des innocents dans les environs de Bethléem, fit encore éclater cette vérité. Accoutumons-nous aux dénouements de Dieu. Quelle admirable consolation à ceux qui ne savaient pas que Jésus était né à Bethléem, quand ils virent cet admirable accomplissement de la prophétie ! Avec quelle joie s'écrièrent-ils : « Vraiment, ô Bethléem, tu n'es « plus comme auparavant « la plus petite des villes, puisque » tu seras illustrée « par la naissance de celui qui doit conduire Israël ^. » La postérité montrera la spélonque, comme on l'appelait, où était né le Sauveur, et les païens le remarqueront eux-mêmes *. Cette petite bourgade demeurera éternellement mémorable; on se souveindra à jamais de la prophétie de Michée, qui tant de siècles auparavant a prédit qu'elle verrait naître dans le temps celui dont la naissance est éternelle dans le sein de Dieu : et, comme parle ce prophète, « celui dont la sortie » et la production « est de toute éternité ^. »
Admirons comme Dieu sait troubler les hommes par de terribles difficultés, et en même temps les calmer d'une manière
1 Joan., I, 45-47. — 2 Matth., 11, 2-5. — 3 Ihid., 11, 6. — * Orig., Cont. Cels., lib. I, n. 51. — s Mkh., v, 2.
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ravissante. Mais il faut être attentif à tout, et ne rien oublier : car tout est digne d'attention dans l'œuvre de Dieu; et l'œuvre de Dieu se trouve en tout, parce que Dieu répand partout des épreuves de la foi et de l'espérance. Commençons par croire malgré les difficultés : car c'est ainsi que fit le bon et sincère Nalhanaël, qui, sans attendre l'éclaircissement de la difficulté sur Nazareth, touché des autres motifs qui l'attiraient, dit à Jésus ; « Vous êtes le Fils de Dieu : vous ôtes le roi d'Israël. El Jésus lui dit : Vous verrez de plus grandes choses ^ » Parce que' vous avez cru d'abord, dès la première étincelle d'une lumière quoique faible et petite encore, de bien plus grands secrets vous seront révélés.
VIll" ÉLÉVATION.
LA JALOUSIE ET l'hYPOCRISIK d'hÉRODE : SA POLITIQUE TROMPÉE.
Siméon nous dira bientôt que Jésus est venu au monde, « afin que le secret caché dans le cœur de plusieurs fût révélé 2. » Quel secret doit être ici révélé? Le secret des politiques du monde, le secret des grands delà terre, la jalousie secrète des mauvais rois, leurs vains ombrages, leurs fausses délicatesses, leur hypocrisie, leur cruauté : tout cela va paraître dans Hérode.
Au nom du roi qui était venu et à qui il voyait déjà occuper son trône, touché par l'endroit le plus sensible de son cœur, il ne s'emporta point contre les pontifes qui avaient annoncé ce roi aux Juifs, ni contre les mages qui avaient fait la demande : en habile politique il va à la source, et conclut la mort de ce nouveau roi. « Allez, dit-il aux mages, informez-vous avec soin de cet enfant; et quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille aussi l'adorer à votre exemple ^. » Le cruel ! il ne songeait qu'à lui enfoncer un poignard dans le sein, mais il fiint une adoration pour couvrir son crime.
Quoi donc, Hérode était-il un homme sans religion? Ce n'est pas là son caractère : il reconnaît la vérité des prophéties et sait de qui il en faut attendre l'intelligence ; mais l'hypocrite superstitieux se sert de ses connaissances pour sacrifier le Christ du Seigneur à sa jalousie.
1 Joan.,i, 49, 50. — 2 Luc, 11, 35. —3 Matth., n, 8.
Que de secrètes terreurs Dieu envoie aux âmes ambitieuses I Ilérode n'avait rien à craindre de ce nouveau roi, dont « le royaume n'est pas de ce monde * : » et lui qui dorme ht royaume du ciel, il ne désire point ceux de la terre. Mais c'est ainsi qu'il effraye les grands de la terre si jaloux de leur puissance, et il faut que leur ambition soit leur supplice.
Mais en même temps Dieu se rit du plus haut ues cieux de leurs ambitieux projets. Hérode avait poussé jusqu'au dernier point les raffinements politiques : « Allez, informez-vous soigneusement de cet enfant*. » Voyez comme il les engage à une exacte recherche et à un fidèle rapport : mais Dieu souffle sur les desseins des politiques, et il les renverse. Jésus dit à un autre Hérode, fils de celui-ci, et qui comme lui craignait que le Sauveur ne voulût régner à sa place : « Allez, dites à ce renard, » à ce malheureux politique « qu'il faut, » malgré lui « que je fasse ce que j'ai à faire aujourd'hui et demain, et que ce n'est qu'au troisième jour » et à la troisième année de ma prédication « que je dois être consommé ^ » par ma mort. Il est dit de même à son père : Il faut, malgré vos finesses et votre profonde hypocrisie, que cet enfant que vo as voulez perdre par des moyens qui vous paraissent si bien concertés : il faut qu'il vive et qu'il croisse, et qu'il « fasse l'œuvre de son Père pour lequel » il est « envoyé *. » Quand vous aurez trompé les hommes, tromperez-vous Dieu? Votre jalousie ne fera que se tourmenter davantage, quand elle verra hors de ses mains celui qui l'effraye. Que craignons-nous dans l'œuvre de Dieu? Les obstacles que nous suscitent les grands de la terre et leur fausse politique? Quand le monde sera plus fort que Dieu, nous devons tout craindre : tant que Dieu sera comme il est « le seul puissant^, » nous n'avons qu'à marcher la tête levée.
IX« ÉLÉVATION
LES MAGES ADORENT l'eNFANT ET LUI FONT LEURS PRÉSENTS.
Après que les mages se furent soumis aux prêtres et aux docteurs, et se furent mis en chemin selon leur précepte, « l'étoile
* Joan., xviir, 36. — 2 Matth., 11, 8. — 3 Luc, xiii, 32, 33. — * Joan., IV, 34. — 6 Timoth., vi, 15.