XVIII* SEMAINE. — II* ÉLÉVATION
était rîéfendu, durant quarante ou soixante jours, selon le sexe de leurs enfants, de toucher aucune chose sainte, ni d'approcher du temple et du sanctuaire. Aussitôt qu'elles étaient nnères, elles étaient comme excommuniées par leur propre fécondité; tant la naissance des hommes était malheureuse et sujette à une malédiction inévitable. Mais voici que Jésus et Marie venaient la purifier, en subissant volontairement et pour l'exemple du monde, une loi pénale à laquelle ils n'étaient soumis qu'à cause que le secret de l'enfantement virginal n'était pas connu.
Dans cette purification les parents devaient offrir à Dieu un agneau; et s'ils étaient pauvres et n'en avaient pas le moyen; ils pouvaient offrir à la place « deux tourterelles ou deux petits de colombes, pour être immolés, l'un en holocauste et l'autre » selon le rit du sacrifice « pour le péché *. » Et voilà ce que portait la loi de Moïse, à l'opprobre perpétuel des enfants d'Adam et de toute sa race pécheresse.
Il» ÉLÉVATION.
LA PRÉSENTATION DE JÉSOS-CHRïST.
La première de ces deux lois paraissait manifestement avoir été faite en figure de Jésus-Christ, qui étant, comme dit saint Paul, « le premier-né avant toutes les créatures ^, » était celui en qui tout devait être sanctifié et éternellement consacré à Dieu. Unissons-nous donc en ce jour par la foi à Jésus-Christ, afin d'être en lui et par lui présentés à Dieu pour être son propre hien, et nous dévouer à l'accomplissement de sa volonté, aussi juste que souveraine.
Nous savons que, le premier acte de Jésus, entrant au monde, fut de se dévouer à Dieu, et de se mettre à la place de toutes les victimes, de quelque nature qu'elles fussent, pour accomplir sa volonté en toute manière. Ce qu'il fit dans le sein de sa mère, par la disposition de son cœur, il le fait aujourd'hui réellement en se présentant au temple, et se livrant au Seigneur comme une chose qui est à lui entièrement.
Entrons dans ce sentiment du Seigneur Jésus; et unis à sou
* Levit., XII, 8. — * Coloss., i, 15.
ol)lulion, disons-lui d'une ferme Coi : 0 Jésus, quelle victime voulez-vous que je sois ? Voulez-vous que je sois un holocauste consumé et anéanti devant votre Pcro par le martyre du saint amour? Voulez-vous que je sois ou .une victime pour le péché par les saintes austérités de la pénitence, ou une victime pacifique et eucharistique dont le cœur louché de vos hien faits s'exhale en actions de grâces et se distille en amour à vos yeux? Voulez-vous qu'immolé à la charité, je distribue tous mes biens pour la nourriture des pauvres, ou que « frère sincère et bienfaisant*, » je donne ma vie pour les chrétiens, me consumant en pieux travaux dans l'instruction des ignorants et dans l'assistance des malades ? Me voilà prêt à m'otlrir, à me dévouer, pourvu que ce soit avec vous, puisqu'avec vous je puis tout, et que je serai heureux de m'ofl'rir par vous et en vous à Dieu votre Père.
Mais pourquoi ce premier-né est-il racheté? Fallait-il racheter le Rédempteur? Le Rédempteur portait en lui-même la figure des esclaves et des pécheurs : sa sainte mère ne le pouvait conserver en sa puissance qu'en le rachetant : il lui fut soumis, il lui obéit, il la servit durant trente ans. Rachetez-le, pieuse mère: mais vous ne le garderez pas longtemps : vous le verrez revendu pour trente deniers, et livré au supplice de la croix. Divin premier-né, soit que vous soyez racheté pour être à moi dans votre enfance, soit que vous soyez vendu pour être encore plus à moi à la fin de voire vie : je veux me racheter pour vous de ce siècle malin: je veux me vendre pour vous, et me livrer aux emplois de la charité.
IIP ÉLÉVATION.