‹ Elévations sur les mystèresChapitre 162 sur 229 · ABRÉGÉ ET CONCLUSION DES RÉFLEXIONS PRÉCÉDENTES · texte numérisé non relu

ABRÉGÉ ET CONCLUSION DES RÉFLEXIONS PRÉCÉDENTES

L*abrégé de ce mystère est que Jésus s'offre, nous offre en lui et avec lui, et que nous devons entrer dans cette oblation et nous y unir comme à la seule et parfaite adoration que Dieu demande de nous.

Les trois personnes qui se trouvent avec Jésus-Christ dans ce mystère nous apprennent ce que nous devons offrira Dieu.

La sainte Vierge lui offre et lui sacrifie le cher objet de son cœur, pour en faire ce qu'il lui plaira, c'est-à-dire son propre Fils : elle voit la contradiction poussée à l'extrémité contre lui, et en même temps elle sent ouvrir la plaie de son cœur par cette épée qui la perce. Mères chrétiennes, aurez-vous bien le courage dans l'occasion de faire à Dieu avec elle une oblation semblable? Tant que nous sommes de fidèles, unissons-nous à la foi d'Abraham et offrons à Dieu notre Isaac, c'est-à-dire ce qui nous tient le plus au cœur.

Siméon a immolé l'amour de la vie, et la laisse pour ainsi dire s'exhaler à Dieu en pure perte. Ne disons pas qu'il ne lui sacrifie qu'un reste de vie dans sa vieillesse : il n'a jamais désiré de vivre, que pour avoir la consolation de voir Jésus-Christ, et de lui rendre témoignage. Car ce n'était pas seulement une faible consolation des yeux que ce saint vieillard attendait. Il désirait les sentiments que Jésus présent inspire dans les cœurs : il voulait l'annoncer, le faire reconnaître, en publier les merveilles, autant qu'il pouvait, aux Juifs et aux gentils ; montrer au monde ses S)uffrances et la part qu'y aurait sa sainte Mère. Ajjrès cela il

' Gènes., xlix, 10; Deuter., xxxiii, 24, *1S

Page 1