‹ Elévations sur les mystèresChapitre 169 sur 229 · LA VIE CACHÉE DE JÉSUS JUSQU'A SON BAPTÊME · texte numérisé non relu

LA VIE CACHÉE DE JÉSUS JUSQU'A SON BAPTÊME

PREMIÈRE ÉLÉVATION

l'accroissement de l'enfant, sa sagesse et sa GRACE.

« L'enfant croissait et se fortifiait rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en lui *. » Il y en a qui voudraient que tout se fît en Jésus-Christ par des coups extraordinaires et miraculeux. Mais par là Dieu aurait détruit son propre ouvrage; et, comme dit saint Augustin « s'il faisait tout par miracle, il effacerait ce qu'il a fait par miséricorde : » Durn omnia mirahiliter facit, deleret quod misericorditer fecit. Ainsi il fallait que, comme les autres enfants, il sentît le progrès de l'âge: la sagesse môme dont il était plein se déclarait par degrés, comme l'évangéliste nous le dira bientôt. Cependant dès le berceau et dès le sein de sa mère, il était rempli de sagesse. Sa sainte âme dès sa conception unie à la sagesse éternelle en unité de personne, en était intimement dirigée ; et en reçut d'abord un don de sagesse éminent au-dessus de tout, comme étant l'âme du Verbe divin, une âme qu'il s'était rendue propre : en sorte que, selon l'humanité même, » tous les trésors de sagesse et de science étaient cachés en lui 2. » Ils y étaient donc mais cachés pour se déclarer dans leur temps. « Et la grâce de Dieu était en lui. » Qui en doute, puisqu'il était si étroitement uni à la source de la sainteté et de la grâce? Mais le saint évangéliste veut dire qu'à mesure que l'Enfant croissait et commençait à agir par lui-même, il reluisait dans tout son extérieur je ne sais quoi qui faisait rentrer en soimême et qui attirait les âmes à Dieu : tant tout était simple, mesuré, réglé dans ses actions et dans ses paroles.

t Luc, II, 40. — 2 Coloss., II, 3.

XX' SEMAINE. — ir ÉLÉVATION. 313

Aimable Enfant, heureux ceux qui vous ont vu hors de vos langes développer vos bras, étendre vos petites mains, caresser votre sainte Mère et le saint vieillard qui vous avait adopté, ou à qui plutôt vous vous étiez donné pour Fils ; faire, soutenu, vos premiers pas; dénouer votre langue et bégayer les louanges de Dieu votre Père ! Je vous adore, cher Enfant, dans tous les progrès de votre âge, soit que vous suciez la mamelle, soit que par vos cris enfantins vous appeliez celle qui vous nourrissait, soii que vous vous reposiez sur son sein et entre ses bras. J'adore votre silence : mais commencez, il est temps, à faire entendre votre voix. Qui me donnera la grâce de recueillir votre première parole? Tout était en vous plein de grâce ; et n'eussiez-vous fait que demander votre nourriture, j'adore les nécessités où vous vous mettez pour nous : la grâce de Dieu est en vous ; et je la veux ramasser de toutes vos actions. Encore un coup, faites-moi enfant en simplicité et en innocence.

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