AVANT-PROPOS. XI
de corriger les .Elévations et les Méditations; de corriger ces chefs-d'œuvre, dis-je, car ils blessaient en plusieurs choses la rigidité de ses principes et la délicatesse de son goût; on voulait dans son conseil en faire disparaître les fautes de langage et les inexactitudes de doctrine ; « le style passionné » de l'auteur, « sa tendresse spirituelle, sa manière de dire dans les choses de piété » faisait naître des inquiétudes d'esprit et des scrupules de conscience... Avant que ces doutes fussent résolus, pour endormir l'impatience du public, il adopta des mesures qui annonçaient une publication prochaine : il fit successivement avec les libraires Dezailler et Got deux traités d'impression qu'il laissa tomber; il prit aussi, l'un après l'autre, deux privilèges qu'il laissa périmer.
« Enfin les ouvrages si longtemps attendus, si vivement désirés parurent, quand ? Les Élévations en 1727 et les Méditations en 1731, par conséquent 23 et 27 ans après la mort de Bossuet. (F. Lâchât, Œuvres de Bossuet, t. VI, p. vi.)
En 1731 l'authenticité de cet ouvrage fut attaquée, dans le Journal de Trévoux, par une lettre signée : Michel Fichant, et ensuite par les journalistes eux-mêmes. — Sur la requête de M. de Troyes, le parlement rendit un arrêt le 7 septembre 1733 dans lequel il est donné acte des diverses déclarations faites pendant la discussion : les journalistes avaient reconnu que les Élévations étaient entièrement conformes au manuscrit déposé au greffe par Tévêque de Troyes et collalionné avec l'imprimé par M. l'abbé Pucelle et M. Tuffier, conseillers commis à cet effet. Cependant celte édition n'était pas tout à fait con-