‹ Elévations sur les mystèresChapitre 79 sur 229 · LE PEUPLE CAPTIF I MOÏSE LDI EST MONTRÉ COMME SON LIBÉRATEUR · texte numérisé non relu

LE PEUPLE CAPTIF I MOÏSE LDI EST MONTRÉ COMME SON LIBÉRATEUR

Avant que le peuple saint fût introduit à la terre promise, il fallait qu'il éprouvât un long exil, une longue captivité, une longue persécution, en figure de la sainte Église, qui est le vrai peuple et le vrai Israël de Dieu, qui ne peut être introduit à la céleste pairie que par la persécution, la captivité et les larmes de l'exil.

L'Église, dans sa plus proTonde paix, n'est guère sans son Pharaon, du moins en quelques endroits. Il vient quelque « nouveau roi sur la terre, qui ne connaît point Joseph *, » ni les gens pieux : et en général il est vrai, comme dit saint Paul, que « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ, doivent souffrir persécution *, » en quelque sorte que ce soit : et, comme dit saint Augustin, que « celui qui n'aura point gémi comme voyageur et étranger, n'entrera pas dans la joie des citoyens. «

11 y a deux sortes de persécutions : l'une est ouverte et déclarée, quand on attaque ouvertement la religion ; l'autre cachée et artificieuse, comme celle de ce Pharaon, qui jaloux de l'abondance du peuple de Dieu, en inspirait la haine à ses sujets et cherchait des moyens secrets de le détruire : « Venez, dit-il, opprimons-le sagement ^, » c'est-à-dire secrètement et finement. On ne forçait pas les Israélites à quitter leur religion ni à sacrifier aux dieux étrangers : on les laissait vivre : et on ne leur ôtait pas absolument ce qui était nécessaire : mais on leur

* Exode ^ I, 8. — 2 II Timoth., m, 12. — ^Exod., i, 10, U et seq.

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