‹ Elévations sur les mystèresChapitre 90 sur 229 · TOME V'i · texte numérisé non relu

TOME V'i

les péchés, et l'autre qu'on appelait « le bouc émissaire. Après que le pontife avait mis les mains sur lui et en même temps confessé avec exécration et imprécation sur la lôte de cet animal les péchés de tout le peuple, il était envoyé dans le désert*, » comme pour y être la proie des bêtes sauvages. Ces deux figures représentaient Notre-Seigneur, « en qui Dieu a mis les iniquités de nous tous^ : » chargé donc de tant d'abominations, il a été séquestré du peuple et, comme remarque saint Paul, « il a souffert hors de la porte de Jérusalem 3, » comme excommunié de la cité sainte à cause de nos péchés qu'il portait. Mais c'était nous qui étions les véritables excommuniés et l'anathème de Dieu. Sortons en humilité de la société sainte; et pour nous délivrer de la malédiction qui nous poursuit, unissons-nous à celle de Jésus-Christ « qui a été fait anathème et malédiction pour nous*, » comme dit saint Paul, « conformément à cette parole : Maudit celui qui a été pendu à une croix ^. » Reconnaissons-nous exclus de tout bien et de toute la société humaine par nos péchés : îa croix, une mort douloureuse, et l'ignominie d'un honteux supplice est notre partage. Quoi! en cet état nous pourrions nous plaindre d'être pauvres, méprisés, outragés, sans songer de quoi nos péchés nous ont rendus dignes? Nous sommes dignes de tout opprobre, de toute misère, pour avoir péché contre le ciel et avoir été rebelles contre Dieu. Ne nous plaignons donc jamais des misères que Dieu nous envoie, mais « sor- « tons hors du camp avec Jésus, » et allons nous unir à lui por- « tant ses opprobres^ : » assurés que ce n'est qu'en nous unissant à ses peines, à ses ignominies, à son analhème, à sa malédiction, que nous serons délivrés de la nôtre.

X^ ÉLÉVATION

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