‹ Elévations sur les mystèresChapitre 89 sur 229 · IX' SEMAINE. — IX^ ÉLÉVATION · texte numérisé non relu

IX' SEMAINE. — IX^ ÉLÉVATION

d'îs saints » où était l'arche, « et il n'y entrait qu'une fois l'année : » mais c'était en vertu du sang de la victime égorgée, « dans lequel il trempait ses doigts pour en jeter contre le propitiatoire, et expier le sanctuaire des impuretés qu'il contractait au milieu d'un peuple prévaricateur ^ Ainsi ce qu'il y avait de plus saint dans la loi, qui était l'arche et le sanctuaire, contractait quelque immondice au milieu du peuple, et il fallait le purifier une fois Tannée, mais par le sang. Purifions donc par le sang de Jésus-Christ le vrai sanctuaire qui n'est pas fait de main d'homme, c'est-à-dire notre conscience : la vraie arche du Testament et le vrai temple de Dieu, c'est-à-dire notre corps et notre âme : et ne croyons point pouvoir avoir part au sang de Jésus, si nous-mêmes nous ne répandons en quelque sorte notre sang par la mortification et par les larmes de la pénitence.

Jésus, à qui le ciel était dû comme son héritage par le litre de sa naissance, y a voulu entrer pour nous comme pour lui. S'il n'avait à y entrer que pour lui-mômc, il n'aurait pas eu besoin d'y entrer parle sang d'un sacrifice : mais afin d'y entrer pour nous qui étions pécheurs, il a fallu nous purifier et expier nos péchés par une victime innocente qui était lui-môme. Il était donc tout ensemble « le pontife » qui nous devait introduire dans le sanctuaire, et « la victime » qui devait expier nos fautes. C'est pourquoi il n'est pas entré dans le sanctuaire par un sang étranger* : u Pontife saint qui n'avait point à prier comme celui de la loi, pour lui-môme, pour ses ignorances et pour ses péchés, mais » seulement « pour » les nôtres et ceux du peuple ', » il nous a ouvert la porte : victime innocente et pure, « il a pacifié par son sang le ciel et la terre *; et pénétrant dans le cieP, » il nous en a laissé l'entrée libre.

Entrons donc avec confiance dans cet héritage céleste ; et nous souvenant de ce qu'il en a coûté à Jésus pour nous en ouvrir la porte que nos péchés nous avaient fermée, ne nous plaignons pas de ce qu'il nous en doit coûter à nous-mômes.

C'était à ce jour solennel où le pontife entrait dans le sanctuaire, qu'on offrait ces deux boucs dont l'un était immolé pour

» Exod., XXX, 10; Levit., xvr, 2, 3, 14, 16; Ilebr., ix, 7.-2 Hebr.^ IX, 11, l>, 14, 24, 25. — 3 ibid., VII, 26, 27. — * Coloss., i, 20. — b //?. 6r., IV, 14.

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