‹ Elévations sur les mystèresChapitre 97 sur 229 · X'^ SEMAINE. — IV ÉLÉVATION · texte numérisé non relu

X'^ SEMAINE. — IV ÉLÉVATION

fante, un enfant qui nous est né, un fils qui nous est donné *, enfant homme » dès le premier jour, et tout ensemble « Dieu fort et tout-puissant 2. » Reconnaissons avec Zacharie l'iiumblft monture de ce « Roi » clément et « doux ^^ » lorsqu'il fait son entrée dans sa ville royale : considérons avec lui «les trente deniers pour lesquels il a été vendu, » et l'emploi de cet argent pour acheter « le champ d'un potier * : » tout s'accomplit en son temps : « le Pasteur est frappé, et le troupeau se dissipe : les disciples se retirent chacun chez eux, et Jésus demeure seul ^ ; » on crache sur son visage, « et il ne se détourne pas pour éviter les coups et les infamies qu'on lui fait <^ : on le perce, et tout Israël voit les ouvertures des plaies qu'il lui a faites ''. » Comme un autre Jonas on le jette dans la mer pour sauver tout le vaisseau, et comme lui « il en sort au bout de trois jours ^. » A mesure que le temps approche, ses mystères se découvrent de plus en plus: Daniel compte les années où se devait accomplir son onction, ses souffrances, sa mort, suivie d'une juste vengeance et de l'éternelle désolation de l'ancien peuple qui a méprisé le « Saint des saints ^. » Il voit en esprit « le Fils de l'homme à qui est donné un empire, » à qui nuls lieux, nuls temps ne donnent des bornes : Cet empire, le plus auguste qui eût été et sera jamais, « sera l'empire des saints du Très-Haut *°. » Daniel, étonné de sa grandeur, se trouble dans ses pensées et conserve cette parole dans son cœur : mais il faut que ce Fils de l'homme souffre une mort violente.

Isaïe nous apprend à goûter ses souffrances : il doit « porter nos péchés, » et par là s'acquérir l'empire « et partager les dépouilles des forts ; » et la cause de ses victoires, c'est qu'il s'est livré à la mort : « il a été mis au rang des scélérats : » crucifié entre deux larrons : c'est le « dernier des hommes » et tout ensemble le plus grand. Ce n'est point par force qu'il souffre la mort : « Il s'y est offert, parce qu'il l'a voulu : il n'a point ouvert la bouche » pour se défendre : « Il est muet comme l'agneau sous la main qui le tond : » le silence du Fils de Dieu parmi tant d'outrages ettant d'injustices, qui est le plus remarquable caractère du Fils de

* Isa., VII, 14; Matth., i, 21-23. — 2 Isa., ix, G. — 3 Zachar., ix, 0; Matth., xii, 5. — * Zachnr., xi, 12, 13; Matth., xxvn, 9, 10. — 8 Zachar., xiii, 7; Matth., xxvi, 31, 56. — 6 Isa., l, 6. — "^ Zachar., XII, 10; Joan., xix, 37. — * Jon., 11, 2 ; Mntth., xii, 40; xvi, 4. — • Dan., IX, 24 et seq. ; Matth., xxiv, \b - 10 Dan., vn, 13-15, 2 7, 2.

Dieu, a fait l'admiration de ce prophète. On le croit frappé deDieu pour ses péchés, lui qui est l'innocence nnôme : « mais c'est pour les nôtres qu'il souffre, et nous sommes guéris [)ar ses blessures* ; >> les prières qu'il pousse vers le ciel dans cet élut de souffrance: sont le salut « des pécheurs » pour qui il prie : » une « longue postérité » sortira de lui, parce qu'il a volontairement souffert la mort : « Et son sépulcre, » d'où il sortira vainqueur et immortel, « sera glorieux 2. »

Ce seul passage si précis et si étendu, où les souffrances du Sauveur futur sont inculquées en tant de manières, suffisait pour animer tous les sacrifices et le culte de la loi, et mettre continuellement devant les yeux des vrais Israélites, qu'elle contenait sous ses ombres, la rémission des péchés par une mort volontaire, un sang salutaire qui les expiait, des plaies qui rétablissaient la santé de l'homme, et dans tout cela un Sauveur aussi juste que souffrant, qui nous guérissait par ses blessures.

Combien plus doit-on se nourrir de ces plaies sacrées, de cette mort et de ce sang innocent versé pour les pécheurs, depuis, comme dit saint Paul, que Jésus-Christ « a été crucifié à nos yeux! 0 Galates insensés, comment vous laissez-vous fasciner les yeux ^ » après un tel spectacle? Accourez, peuples, à la croix de Jésus-Christ. Et puisque c'est vous qui lui avez tous donné la mort ; venez, comme dit i'évangéliste après le prophète, venez, dis-je, « contempler celui que vous avez percé *. »

V* ÉLÉVATION

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