Voy. plus loin p. xzxviix-xxxix
2. M. P. Paris {Hist, litt., t. XXII, p. 423-424) dit que la « mention d'un pèlerinage pacifique au saint sépulcre » pourrait faire supposer que la rédaction primitive' de VElie est antérieure au commencement du XII® siècle. Il faut observer que cette mention se trouve à l'extrême fin du poème français (v. 2718), dans une partie qui est l'œuvre personnelle du remanieur; c'est donc bien plutôt un souvenir du temps passé qu*unc allusion au temps présent.
d*Élie et de Rosemonde. Mais le remanieur, en refaisant un autre poème du xii« siècle, VAiol, y avait remarqué le personnage d^Élie, le père du héros. Ce personnage portait le même nom qu'Élie de Saint- Gilles ; de là à identifier les deux noms, il n*y avait qu^un pas. Le remanieur n'hésita pas, et, reliant entre eux deux poèmes qui n^avaient rien de commun, il donna pour père à Aiol FÉlie de VÉlie de Saint-Gille. Une chose pourtant le gênait : la présence de Rosemonde, qui logiquement devait épouser Élie, mais qui ne pouvait pas être la mère d^Aiol, puisque dans VAiol cette mère est sœur du roi Louis et porte le nom d^Avisse. Le remanieur se tira d'affaire en imaginant, au dernier moment^ un empêchement au mariage d'Élie et de Rosemonde et en faisant épouser A visse à Élie. Dès lors,' les deux poèmes étaient soudés l'un à l'autre; la geste de Saint- Gille était créée, et l'auteur du roman de Raoul de Cambrai ' pouvait, à son tour, faire remonter la geste d'une génération, et intercaler, à la fin de son poème, un long passage pour parler de la naissance à Saint-Gilles de Julien, père d'Élie et fils de Bernier et de Béatrix.
A une époque où on prétendait relier entre elles presque toutes les chansons, VÉlie devait se rattacher à une geste quelconque ; il se rattache en effet à la geste de Monglane, et la plupart des héros de cette famille, à laquelle appartient Élie par sa