Ici finit le fragment F. — 5. car rien manque dans C B D
— 6. car je n'ai plus force est remplacé dans C B D par : prends soin maintenant de ta vie [D aide-toi bien], car ma vie ne vaut plus rien.
plutôt tuer que de vous al ter ainsi malheureux
X.XXV1) Quand l.i nuit tut passée et que le jour parut, les païens sautèrent sur leurs chevaux, les maudits fils de chiens; et les voilà qui menacent Elie, voulant le prendre pour le mutiler ou le tuer. Mai monde s'était levée de
bonne heure '; elle entendit chanter aux petits oiseaux leur douce chanson qui salue le jour, et elle pensa aus^: à la douceur de l'amour, et elle dit : c O Mahon, mon seigneur magnifique, tu es si fort et si puissant que tu tais pousser à l'arbre ses feuilles, ses fleurs et ses fruits : délivre mon Franc des mains des méchants princes païens, qu'ils ne le tuent ni ne le blessent Quand elle eut parlé ainsi, elle regarda en bas au pied de la tour, dans la prairie, et vit Elie qui gisait dans le verger sous la tour. Pendant ce temps les Francs qui étaient en prison plaignaient et déploraient sans cesse le triste sort d'Elie. Entendant leurs paroles de compassion, Galopin alla dans leur direction et écouta attentivement, et ensuite prit Élie, le mil sur son dos et voulut l'emporter avec lui. La jeune tille alors lui dit de la tour : « Ami, petit compagnon, dépose le bon chevalier que tu portes sur ton dos; si tu l'emportes plus loin, ce sera folie, car devant toi se tiennent trente païens, et il n'en est pas un d'entre eux qui n'ait hache ou lance, bâton ou pierre; et ils sont postés là depuis hier soir, et toute la nuit ils vous ont gardés pour vous empêcher de fuir, car tel est l'ordre qu'ils avaient.
<( Bon ami, » dit-elle, « petit compagnon, écoute mon
conseil et suis-le. Dépose-le doucement de ton dos: je
le recevrai ' et apprendrai ses aventures ; jamais je ne fus
l'amie de ceux qui l'ont traité ainsi.
(XXXVII) Elle sortit alors de sa chambre à coucher, et ne prit
i. C B ajoutent : et monta sur le balcon. — 2. C B D je lui parlerai et.
avec elle aucun compagnon. Elle était vêtue d'un hliaut de la plus belle étoffe de soie à fourrure blanche, broché d'or et d'oiseaux, qui tombait jusqu'à ses pieds. Elle revêtit par dessus un petit manteau du meilleur velours. Sa peau était plus blanche que la neige nouvelle tombée sur les arbres secs ou que la plus blanche Heur de l'herbe. Il n'y a pas d'homme sur terre, qui, plongé dans le chagrin et l'affliction, ne fût, en la voyant, réjoui et heureux dans son cœur. Et elle vint à Elie, et lui mit la main droite sous le cou, là où il était étendu sur l'herbe. Quand le comte la vit, elle lui sembla si belle, si avenante, si agréable, si courtoise et si bien enseignée qu'il oublia toutes ses douleurs et se dressa sur l'herbe; et la jeune fille lui parla : « Chevalier, » dit-elle, « qui es-tu ? Crois-tu en Mahon, qui gouverne tout le monde? » « Non, par Dieu, » dit Elie, « ni à aucun de ceux qui le servent : je suis venu ici par mer; j'arrive de l'ouest, de la bonne ter»-e de Provence. Les païens m'ont fait prisonnier : Dieu me venge sur eux et leur fasse honte ! Je me suis échappe aujourd'hui de leurs mains, lorsque j^arrivais en ce pays. Après quoi, ils m'ont poursuivi et fortement endommagé, ils m'ont percé de quatre blessures que je crois mortelles; et mon plus grand chagrin est de mourir sans avoir confessé mes péchés. »« Par ma foi, » dit la jeune fille, « je sais maintenant de vrai qui tu es et je connais tout ce qui t'est arrivé. Ne te tourmente pas de ce que tu peux craindre, et suis-moi au plus vite : nous irons sans bruit, car je veux t'introduire dans un lieu où avant ce soir tu seras tout autre, si tu fais ma volonté. » Et elle prit Elie par la main droite et le conduisit • . Ils arrivèrent dans sa chambre, où étaient incrustées toutes sortes de figures d'animaux dorés ; et elle le fit coucher dans un lit dont les rideaux étaient d'or. Les couvertures du lit étaient de la plus belle soie; celle de dessus était convena-