C B D ajoutent : derrière clic
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blemcnt et 1 i tOOl le reste de l'arran-
gement du lit était li excellent que le plus noble prim Je ce momie i: s'v reposer délicieusement. La jeune
tille tlon tua Je M réserve quatre herbes si puissantes que Dieu ne lit jamais homme ou créature vivante qui. goûtant ces heibes .tant descendre du cou à la
poitrine, ne se trou itôt aussi bien portant qu-.
poisson dans l'eau. La cou -une tille pila de ses pro-
pres mains Lei herbes et les donna à boire à Élie, le bro et fort chevalier. Quand il eut bu, et que la potion lui descendit clans la poitrine, il se sentit aussitôt guéri, et appela Galopin et lui dit : « C'est le paradis et la splendeur céleste! nous y sommes entrés. Jamais je ne veux partir d'ici, si j'ai toujours pareilles délices ! » (XXXVII Fi Rosamonde la courtoise, la belle et la renomn.
rayonnante et la bien prisée, aimait beaucoup le lameux et noble comte Elie, d'un amour ardent et profond. Elle lui prépara eile-même la potion. Quand il eut bu et que le breuvage l'eut bien remis, il revint complètement à la santé et demanda à manger; et aussitôt un repas fut apprêté, comme il pouvait le désirer: puis un bain fut préparé et il entra dedans. Au sortir du bain, il resta quelque temps sur le lit, puis on lui apporta des vêtements. Jamais duc ou prince ne revêtit de plus riches habillements. La jeune fille s'assit alors auprès de lui ; et il la prit sur son giron et l'embrassa plus de cent fois. « Galopin, » dit Élie, t vois quelle femme elle est! dans tout le royaume du roi de France on n'en trouve pa< une seconde semblable. Et maintenant plût à Dieu, qui règne sur tout et demeure au ciel, que j'eusse ici avec moi dans ce château Agamor et Bernart. et Gamart et Aïmart le fort et Berhart, braves chevaliers! 2 Avant d'a-
i. C B empereur; D roi ou empereur. — 2. L:s noms des changent dans B : Agamor et Bernart, Gaimar et Arnaut l'homme fort; C: Guillaume et Bernart, Arnaut et Bertran; D: Guillaume
La saga d'eue i3q
bandonner cette jeune fille, nous ferions mordre la poussière à nombre de païens qui maintenant sont sains et gais! » Quand Galopin l'entendit, tout son corps trembla de frayeur ' : « Excellent seigneur, » dit-il, « pourquoi dites-vous ainsi ? Je suis tellement épouvanté que j'ai à peine ma connaissance, car je sais certainement, que si le roi apprend que nous sommes ici, nous serons pendus tous deux aujourd'hui même. »
Or fut Élie quatre jours durant en grande joie avec la I) jeune fille dans la tour, sans que les païens, à qui Dieu fasse peine et déconfort, en découvrissent rien. Cependant Macabre, le roi de Sobrie, s'est mis à table; mais avant qu'il se lève de table il entrera en courroux et chagrin, car Jubien a le roi de Baudas, le vieux aux cheveux blancs, est sorti de son royaume avec trente mille païens, et soudain ils ont planté leurs tentes dans les prairies autour de Sobrie, et ont établi des pierrières pour abattre les murs du château. Alors il envoya son messager adroit et habile en parole; avec son message ; et dans sa lettre il demanda à Macabre Je lui donner sa rille Rosamonde pour femme et avec elle la moitié de son royaume, et il dit qu'il s'en contenterait. Donc, comme Macabre était à table, le messager se présenta devant lui et lui dit: «Seigneur de Sobrie, fais taire ceux de ta suite, tandis que nous vous disons notre messase. Un messager ne doit entendre vilenie ou souffrir méfait à cause de son message. Mon seigneur Jubien, le roi à la barbe blanche, te mande que tu lui donnes pour femme la belle Rosamonde, ta fille ■ j et il est venu luimême pour réclamer de ton royaume tribut et présents, car les plus anciens et les plus sages de ses hommes et ses conseillers lui ont dit que tu lui dois tribut. Que si tu lui refuses ces demandes, il t'appelle en combat singulier
d'Engcborg et Bertran son neveu , Bernart le beau et Arnaul le barbu. — i. C B D ajoutent : et il dit. — 2. A a toujours Julien , les autres mss. ont Juben. — 3. Ici commence le fragment K.
M i dan l.i plaine il tu peux le tue* ou le vaincre, alors toi et les liens vous serez éternellement libres ite
cette .innée retour: ni perte, et plus
jamais tribut ne de toi. •
(XlII) Macabre réfléchit ', quand il eut entendu ces nouvelles.
et répondit a l'eir. Jubie: nulc colère et I
fus: a Ami, » dit-il, I ton maître qu ainsi pu:
Manon m'aider comme nde folie et ion arrogance le
rendent téméraire et le poussent pour son grand malheur à m'envoyer un tel message : car demain sans aucun doute il me rencontrera , ou un autre à ma place, pour l'empêcher les armes à la main de clamer le tribut. Mais, ainsi m'aide Mahon , si tu n'étais pas un messager, je te ferais aussitôt couper un membre ou crever les deux veux', et brûler ta barbe, et je te renverrais ignominieusement à ton honteux princ Le messager s'effraya d'entendre chose pareille, qu'on voulût le mutiler à cause de son message; ce n'est donc pas merveille s'il reprit son chemin le plus vite qu'il put. (XLIII et Le messager s'en va et il s'est bien acquitté de son XLIV) message -. Mais après son départ, Macabre est assis là triste et affligé, et il parla à son fils qui s'appelait Caïfas deSobrie : « Mon fils, » dit-il, « peux-tu mener à bien ce combat? car je l'ai accepté à cause de ta vaillance et de ta force. »« Sire, » dit Caïfas 3, « vous montrez et vous dites très grande folie : il y a aujourd'hui un mois que je fus pris d'une fièvre intermittente ; et je ne monterai de cheval de guerre pour l'amour d'aucun homme vivant. Donnez lui pour femme votre fille, qu'il aime et désire tant; elle ne peut pas être mieux mariée, car il est considéré et très puissant. Que Mahon se courrouce contre moi, lui qui gouverne tout, si je me bats pour l'amour 4 d'elle ! »
i. E C B D Alors M. fut triste quand. — 2. C B D affaire. — 3. E C B D il. — 4. B ajoute : de vous ou.
Quand le roi entendit que son fils fait semblant d'être malade, il trouva qu'il était lâche par manque de courage ; mais il n'en dit rien à cause des autres gens. Alors le roi dit à Jossé : « Arme-toi, et fais ce combat » pour moi. » « Sire, » dit ce chien de païen, « je me serais volontiers engage à cela, si 2 cela ne m'avait pas nui hier : quand vous m'envoyâtes contre le Franc, il me fit une grande blessure qui saigne encore, de sorte que je ne puis me tenir droit à cheval ni bien porter l'armure. Que Mahon me donne ignominie et honte si avec ma blessure j'allais au combat pour l'amour de toi et si je m'exposais au danger, alors que je suis si peu propre à porter les armes ! »
Le roi entendit ces mots et que Jossé prétendait être malade, et n'osait pas aller au combat, et il appela Malpriant à lui et lui dit : « Bel ami, viens ici ; tu iras au dehors dans nos champs3 remporter la victoire dans ce combat 4, et tu vas t'armer à cette condition que si tu le tues ou vaincs ou réussis autrement à abaisser la colère et l'orgueil de Jubien, tu auras ma fille, qu'il demande avec ardeur et arrogance, et la moitié de mon royaume durant ma vie; et ensuite tu seras proclamé prince et seigneur, roi et empereurde tout mon royaume. » Leméchant Malpriant lui répondit : « Roi , tu dis des enfantillages et des puérilités ! Tu agis avec moi comme un vilain avec son chien, quand il le pousse là où il n'ose pas aller lui-même. Eh! bien, puisque tu es prince et seigneur, roi et souverain élu de ce royaume, défends donc ton royaume et tes biens, ton domaine et ton honneur, ta puissance et ton peuple et la foule de tes sujets, pour ne pas être un couard et un lâche, contre celui qui jette le trouble dans ton royaume et veut t'humilier.
1. C B D duel. — 1. C B D si j'étais sain.— 3. C B ajoutent : combattre contre Juben et. — 4. D ajoute : sors et combats avec le roi Juben, car je connais ta force et tu le vaincras.
I | l I.A i*l!ll
Mais .iiijm puisse Maboa le tout puisiam m'ai,. jamais je ^'enfourcherai un chm :uenc pour te
défendre non plus [ui ton oc I I toi,
méchant homme I » ait le roi, « tu palis auwitôt ■ de peur, et ta couardise est toujours la même : c'est : une bontC que tu aies pi : | es pour tous
un sujet de risée et de mépris; il en a déjà été ainsi sur les vaisseaux : quand nous devions descendre, tu as laissé s'échapper l par ta lâcheté et ton m . de coura.
noble chevalier, le bon héros, que nous avions pris en France. S'il était aujourd'hui valide et ici avec HOU nous délivrerait vite par ses armes et !>a bravoure, ainsi que mon royaume, de ce combat et vie ces outrages.
« Caïfas, » dit-il, « tu t'es conduit envers moi comme un misérable, quand tu as refusé ce combat avec Jubien : maintenant qu'il y va de ton honneur et de notre détresse, ta crainte et ta lâcheté sont pour nous deuil et chagrin, pour toi-même honte et déshonneur. Mais peu m'importe ta triste situation, car je lui donnerai ma tille pour femme, et sa dot sera la moitié de mon royaume, comme il le désire ; mais je ferai un traité spécial avec lui, pour avoir libre et franc de tout tribut, en paix et en liberté, le quart de ce royaume, aussi longtemps que mes jours durent. » Le roi appeia à lui Orner, son conseiller ,;. « Va, ami,^ dit-il, « en haut, à la chambre de Rosamonde, et dis-lui de revêtir ses plus beaux et plus riches habits : je veux la marier avec Jubien.» Orner répondit : oc Volontiers, sire, à votre commandement ! » Quand ils arrivèrent à la chambre, toutes les portes étaient entièrement closes; et ils saisirent l'anneau de la porte et le secouèrent quatre lois. Quand
i. C B ajoutent : Quand le roi entendit cela, il fut extraordinairement courroucé et dit. — 2. C B D tout à fait. — 3. C B D c'est d'une manière imprévoyante. — 4. C B le Franc. — 5. C B D appelle. — 6, C B D ajoutent : et dit.
Rosamonde l'entendit, elle soupira de tout cœur « : a Par ma foi ; sire Elie, » dit elle, « nous sommes ici dans une mauvaise affaire, car je pressens qu'on nous a espionnés et qu'on nous a bassement accusés. »a Demoiselle, » dit le comte, « ne crains point ! Si j'étais armé, tu me verrais donner de grands coups et prouver ma bravoure. » « Par ma foi, » dit la demoiselle, « il ne faut pas parler de chose semblable ; ne parle pas maintenant de combats! Montez plutôt tous deux dans la 2 tour, et cachez-vous y. J'irai pendant ce temps à la porte répondre à ceux qui sont venus ; je pourrai donner une réponse convenable à leurs paroles. » « Qu'il en soit, demoiselle, » dit Élie, « comme vous le voulez ! » Quand ils furent cachés dans la tour, elle alla aussitôt ' et ouvrit la porte. Orner ' entra, le méchant traître, et dit : « Demoiselle, le roi vous ordonne de vous vêtir le mieux possible et de venir avec nous dans la salle ; je pressens qu'il veut vous faire honneur et vous marier. » Quand elle eut entendu l'ordre et la volonté de son père, elle s'habilla bien et noblement, comme il convenait à sa valeur et à son sens courtois ; elle revêtit un riche pelisson d'hermine, agrémenté au cou et aux manches d'ornements si beaux qu'on n'en avait jamais vu de pareils ; puis elle mit une robe tissue d'or, si fine et si coûteuse, qu'on n'en trouverait pas de semblable dans toute la païennie ; le petit manteau qu'elle prit sur elle avait été envoyé de l'ouest du monde païen, du pays où le soleil se couche et qui porte le nom d'occident ; trois fées tissèrent ce manteau du meilleur fil d'or avec tout le soin et toute l'adresse imaginables ; aussi, avant de finir ce tissu, passèrent-elles soixante hivers. Ce manteau était entièrement orné de grands oiseaux tout en or, et garni des plus grosses pierres précieuses ; les attaches du manteau et les agrafes des rubans avaient été vendus au roi
1 . E D ajoutent : et dit. — 2. £Dma, — 3. C B D ajoutent : à i porte. — 4. A E Josi.
MlCtbl rite livres Je | purs par le marchand
Samarien. Ensuite la jeune tille it d'une ceinture
précieuse, qui .semblait etie un iubai avec des
;urei de toute rei les plus renommés y
avaient travaille. Plui beaux que l'or étaient ses cheveux, qui tombaient entre ses épaules en tresses brillantes. Sa peau, là ou elle apparaissait a nu, brillait plus blanche que la farine dj Iroment et que la neige nouvelle. Jamais homme vivant % à sa vue, ne pourrait vraiment s'empêcher de dire et de savoir réellement qu'il n'y en a pas de plus belle dans toute la chrétienté. (XLVII et Quand la jeune fille fut entrée dans la salle, toute la XLVIII) salle resplendit de sa beauté et de sa parure. Quand le roi l'aperçut, il soupira de tout son cœur, et dit : Belle fille, je suis soucieux et plein de chagrin , car Jubien, le vieux à la barbe blanche, le méchant, l'enté est venu ici de son royaume avec trente mille païens, à cause de la lâcheté et de l'outrecuidance de ton fre il l'a provoqué en combat singulier, et ton frère n'ose pas accepter ce combat et tenir sa promesse , ni combattre avec lui : aussi suis-je forcé, à mon grand chagrin et contre ma volonté, de te marier à Jubien. » « Bon père, » dit la jeune fille, « j'aime mieux devenir folle furieuse ou me laisser réduire complètement sur le bûcher en charbons froids que si le vieux Jubien à la barbe blanche devait jamais toucher mon corps de ses mains tremblantes !
(XLIX) « Bon père, » dit la jeune fille, « il n'est pas honorable à vous, non plus qu'à mon frère 3 et à Jossé, qui se proclame un combattant et un guerrier, qu'aucun de vous n'ose se mesurer avec Jubien! Tous vous le craignez, et vous renoncez à votre indépendance devant un seul homme, un vieillard tremblant, au point de vouloir
i. C B D d'or 'manque B] éprouvé. — 2. D né dans le monde; B au monde. — 3. C B D ajoutent : Chaïfas.
tous vous libérer de lui en livrant une femme! Mais je vous le jure par le grand Mahon, si vous me le faites épouser par force, vous aurez des malheurs à craindre pour vousmêmes, car avant qu'il ne se passe douze mois, je ferai abattre tous les murs de votre ville, ses châteaux et ses tours , et détruire et déshonorer votre demeure , puisque vous avez eu un tel dessein sur moi. Et maintenant que vous êtes tous anxieux et vaincus, soumis et accablés par Jubien, et que vous tremblez de lâcheté et de couardise, tombez à mes pieds et demandez l grâce; et je vous procurerai un homme si brave qu'il nous délivrera, vous et moi, de ce combat. »
La jeune fille dit : « Bons chevaliers , écoutez ma parole : si je puis trouver un si bon chevalier, qu'il ose marcher contre le vieux Jubien pour lui livrer bataille dans nos plaines, voulez-vous me promettre, seigneur, qu'il pourra, sans être nullement inquiété, se présenter à cheval et s'en retourner de même, et que personne2 n'osera lui faire dommage ou tort, ou l'attaquer? » t Bonne fille, » dit le roi, « n'en doute pas. Par la foi que moi et mon royaume nous devons à Mahon, je jure que partout où nous pourrons lui venir en aide, il ne lui sera fait aucun dommage ; que s'il est sans ressources, nous lui donnerons la fortune et le ferons riche et puissant ; et si tu le désires nous le marierons avec toi avec la pompe, la magnificence et les honneurs convenables. 3 » La jeune fille répondit : « Je ne demande rien de plus. »
Là-dessus 4 elle se leva et alla dans son appartement parler à sire Elie. « Par Mahon ', sire, » dit-elle, « je suis en grand chagrin et j'ai grand souci. Voici qu'est arrivé le vieux Jubien, qui demande bataille et combat,
\. C B D ajoutent : moi. — 2. C D ajoutent : de vous. — 3. Ici finit le fragment E. — 4. C ajoute : le roi jura à Mahon un serment ainsi que tous ses bavons, comme elie l'avait demandé, puis. — b. C B D Par ma toi.
1 1 pei "un l in icenter contra lui.
Il faut bien dire que ao oient, cl sonr
lâcha que toute l'arrogance \arih : i Je k .
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vilenie Pi un d'entre eux tir et combat'
Jubîen pour nous: ils aiment betUCOUp mieux périr ici. Mais vous, si vous vous sentiez assez détermine • paré au combat pour marcher contre lui ', sachez-le vraiment, je vous ferais moi-même avoir si grand honneur que vous ceindriez la couronne dans cette salle au premier jour de fête de l'été qui vient. » i Demoiselle, » dit le comte, « ce que vous dites ne me convient point, n'ai aucun désir de puissance et de richesses, et pour le prouver je ne veux plus combattre à cause de cela. Je ne veux pas prendre 2 une femme qui ne soit pas dans la foi du vrai Dieu. Cependant , à cause de vos païens et de leur lâcheté dont vous me p lez 3, si vous me procurez un destrier et une armure complète, j'irai au combat. Et si je rencontre * Jubien, il sera en triste état quand nous nous séparerons ; car s'il en sort avec la vie sauve, il ne provoquera plus en combat personne qui soit né en France ! (LUI) «Par ma foi, demoiselle,» dit Élie, « si vos païens veulent avoir un combat à cheval, et si le roi le demande, vous avez bien su trouver celui qui n'ira pas au royaume des morts en combattant contre Jubien, et je vousdis vraiment que Dieu n'a jamais créé de païen si fort et si puissant, s'il exige de vous avec arrogance ce qui ne vous convient pas, et s'il veut vous imposer le combat ou la soumission, qui ne rencontre ici un homme tel que je suis, qui défendra votre honneur et le vengera rapidement! » Quand la jeune tille entendit ce qu'il disait, elle le remercia avec joie et dit :
i. C Juben; D le vieux drôle, le roi 'Juben. — 2. C D avoir. — j>. C B D à cause de la lâcheté des Lc de vos princes' païens. — 4. CD ajoutent : le roi.
SA
« Excellent chevalier, douce Heur de belle jeunesse, n'oublie pas mon amour, quand tu frapperas avec ta lance, et ne redoute pas les menaces et le verbiage du vieux Jubien ! Mais il a un si bon cheval ! il court plus vite dans les montagnes, sur les rochers et dans les pays montueux que les plus rapides destriers de nos gens sur le terrain plat. Aucun lévrier ne peut courir assez vite pour le suivre. Ce cheval se nomme Prinsaut l d'Aragon, et il est si intrépide, qu'il ne ressent aucune frayeur en allant au combat. Quand il se trouve dans une grande mêlée, il frappe avec ses pieds et avec ses jambes, de sorte qu'aucun homme touché par ses sabots n'en revient vivant ; il mord aussi avec ses dents et il déchire comme un loup et 2 un lion. » Quand la jeune fille eut dit cela, le petit Galopin s'élança, et gesticula de joie avec ses deux mains, et dit : « Sire Elie, par ma foi, sire, aujourd'hui il nous 3 faut être gais et joyeux et ne rien craindre. Ayez soin d'avoir un bon équipement : je vous procurerai certainement ce cheval, à qui que cela déplaise. »
« Par Mahon, sire comte » dit la jeune fille, « ce cheval est excellent, et c'est une grande aide dans le combat. Il a encore un autre usage dont il faut le louer beaucoup : il jette à terre tout cavalier qui n'a pas appris à bien monter à cheval ou à porter les armes ; aussi aucun mauvais chevalier ne peut-il le monter et il se choisit ainsi toujours les meilleurs cavaliers. » Galopin ' va son chemin, il ne veut ni compagnon ni camarade ; il ne s'arrêta pas avant d'arriver à la tente de s Jubien ; il le trouva dehors, et le salua gracieusement et à la manière païenne: « Mahon, » dit-il, « qui garde tout, et qui gouverne le monde entier, protège G et honore " Jubien à la barbe blanche! » « Bien puisse-t-il t'arriver, ami! » dit celui-ci; « qui es-tu? et ■
1. B D Primsamt. — 2. C D ou. — 3. C B Dû vous faut. — 4. C B D tout seul. — 5. C B D du roi. — 6. C B D te protège. — 7. C B ajoutent : le roi. — 8. C B D ou.