‹ Élie de Saint Gille; chanson de gesteChapitre 63 sur 72 · LIE · texte numérisé non relu

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morts couvrent d< île en i

•eaux, les hommei vf>nt renversa, les corps sont rec

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on pouvait l< M procura au plus bas prix les desde guerre même les plui richement harnachés. Sire Guillaume et sei quatre compagnon! cherchent à rejoindre ce chevalier, et pensent reconnaître Élic. Ils chevauchent alors à travers l'année des païens et en je'bas ciiuj cents en peu de temps , et l'un était plus fort et plus félon que l'autre.

Le roi Ruben le gros voit alors ce merveilleux chevalier, et il croit savoir que c'est lui qui a tué son frère, le roi Jubien à la barbe blanche, lui aussi qui malgré cela doit avoir en son pouvoir Rosamonde, la fille du roi, la belle jeune tille. Il lui semble très bon de le rencontrer pour venger son frère et pour conquérir sa fiancée. Il crie alors à haute voix et ' ordonne à ses gens de laisser le champ libre; et cela fut fait. Le roi Ruben chevauche en avant et avec lui les quatre rois qui ont été nommés plus haut. Élie et sire Guillaume voient cela et vont au devant d'eux; les dix héros se rencontrent; l'attaque est furieuse et le choc violent. Elie a pour adversaire Ruben; Guillaume combat contre Maskalbert ; Ernaud contre le roi Galibert ; Bernard contre le roi Drouin; Bertran 2 contre le roi Faliber le vieux.

Je veux d'abord parler du combat entre Elie et le roi Ruben. Ils lancent leurs chevaux de toute leur vitesse l'un contre l'autre, et se frappent l'un l'autre de leur lance, et ils se renversent mutuellement de cheval, car tout le harnachement ne leur servit pas plus qu'une feuille verte. Les voilà tous deux à pied, et ils se frappent de leurs épées. Elie frappe le roi Ruben, et coupe son écu en deux jusqu'au bas. Le roi Ruben attaque Elie à coups d'épée et lui entame son écu jusqu'à la poignée. Ils s'assail-

i . tin de Ij: lacune de B. — z. Mss. Bcrard.

lent alors l'un l'autre par coups violents et durs ; et tous deux sont blessés. Le roi Ruben frappe Elie et lui l'ait une profonde blessure. Elie réplique par un autre coup et coupe au roi Ruben toute la chair de la hanche. Le roi fut fort courroucé et frappa sur le haut du heaume d'Elie et sur tous les ornements; mais il n'endommagea pas le heaume '. Le coup était si fort qu'Élie tomba sur les deux genoux. Prinsaut accourut alors et leva ses deux pieds et les posa avec tant de force sur les reins du roi Ruben », que le roi Ruben tomba à terre. Elie était debout tout près et il frappa sur le cou a de telle façon que la tête tomba. Galopin est tout proche, et il présente à Elie Prinsaut avec une bonne selle. Elie saute sur le cheval et se précipite en avant en excitant ses gens; il cherche les champions du roi Macabre.

Il faut maintenant dire que sire Guillaume a pour adversaire le roi Maskalbert ; il le frappe avec son épée, et le roi Maskalbert tranche le quart de l'écu deGuillaumeet lui fait une forte blessure à la cuisse gauche. Guillaume outré de colère frappa le roi païen et enfonça la pointe de son épée dans sa poitrine et le renversa mort à terre. Ernaud frappa de son épée Técu du roi. Galibert 4, et traversa l'écu, la brogne et le corps, et arriva jusqu'au cœur; et il tomba mort à terre. Bernard 5 et le roi Drouin ont entre eux un combat acharné; il se termina par la chute et la mort du roi Drouin. Le roi Faliber voit alors avec grande colère que ses compagnons sont tombés, et il se lance contre Bertran G, la lance en avant et lui fait une grande blessure. Bertran : lui donne un coup en retour et fend le heaume et le crâne, de sorte qu'il s'arrêta aux dents.

Guillaume s et ses compagnons s'avancent à travers

I. Lacune dans C— i. Ici commence le fragment F*.— 3. F D ajoutent : du roi Roben. — 4. Mss. Falinbert.— 5. Mss. Gerart.— b. Mss. Bernait. — 7. C Bardiatres. — 8. C Josias.

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nombre de païens ; il reOOOQI ^c et voulut le

tuer : et il irappa avec KM é] ee le l.eaumc du païen fendit le dont, la i rOgOC et le tronc, la selle et le cheval, de sorte qu'il resta à terre. I)e CC coup tous les pa. furent terrifié! t\ remplit de crainte: ils pâlirent et fa terent de couardise. Guillaume s'avance alors contre un païen ; il était très grand de taille et de mauvaise nature, il lui enfonça la pointe de son épc:e dans la poitrine et le renversa mort à terre. Sire Krnaud et ses compagnons tirent tomber à ce moment six grands païens : il s'ensuit une telle chute d'hommes que les païens tombent par centaines. Elie alors s'élance contre l'étendard du roi Macabre, et ses quatre compagnons ■ jettent à terre tous les rangs de bataille , qui se tiennent devant l'étendard. Elie alla à celui qui portait l'étendard et le frappa par devant sur la poitrine et le traversa de part en part : ses entrailles sortirent et il tomba ainsi mort de cheval. En ce moment Malpriant bondit au-devant d'Elie et de son épée le frappe sur le heaume ; Élie n'y ht pas attention, mais de son épée l'atteignit au milieu du dos et l'épée entra tout droit, et il tomba mort à terre. Alors le roi Macabre veut fuir, et il se dirige vers Sobrie. Mais Elie galope sur Prinsaut après lui et lui fait sentir les éperons ; il rattrape le roi et le saisit par la pointe du heaume et l'enlève de la selle et il retourne au galop vers ses gens. Galopin vint audevant de lui et reçut le roi prisonnier : on le conduira aux vaisseaux. Elie s'avance alors au-devant de son père. C'est une bien joyeuse rencontre. Le duc est très réjoui ainsi que sire Guillaume et ses compagnons.

Ils chevauchent pour retourner à la ville avec toute leur armée, et ils attaquent la ville, et là commence

i. F ajoute : le suivent et ; D ajoute : avec lui et.

LA SAGA DÉUE 1 7 5

un rude ■ combat où tombent de nombreux hommes. Caifas se tient à la tête de son armée et excite avec ardeur les siens au combat ; il combat maintenant avec sa main gauche 2. Élie arrive à détruire les murs de la ville avec sire Guillaume ; et alors les cinq compagnons entrèrent dans la ville et tuent tout, hommes et chevaux. Tous ceux qu'il rencontre, Élie les renverse de cheval : les païens se sauvaient dans les maisons et les logis. Elie aperçoit Caifas qui s'enfuit à leur approche : il lance au galop Prinsaut et brandit son épée et le frappe sur le heaume. La lance coupa le crâne, la brogne et le tronc juste par le milieu. Après ce beau coup, les païens se mettent au pouvoir d'Élie ; avec toute son armée il se dirige à cheval vers la salle ■ ; ils descendent de leurs chevaux et entrent dans la salle, et ils boivent gais et joyeux. Là étaient le duc Julien et le sire Guillaume, Bertran et Ernaud le beau et Bernard à la longue barbe ; il y a alors gaîté et plaisir, divertissements de 4 toutes sortes et grande joie.

Il me faut maintenant parler après de ce qui est arrivé avant, et reprendre au moment où Elie avait quitté demoiselle Rosamonde. Et le combat dont il a parlé plus haut commençait, lorsqu'elle monta sur la plus haute tour de Sobrie pour regarder le combat 5 ; et elle vit là tous les incidents de ce combat et comment Elie tua son frère, et cela lui sembla bon. Elle retourne à son appartement; elle revêtit ,; une robe tissée d'or ; ensuite elle se ceignit d'une ceinture ornée avec l'habileté la plus variée ", si belle 8 à voir qu'on aurait dit de l'or 9 préparé de

1. F D très rude. — ~. C droite. — 3. F D ajoutent : du roi Mascabré. — 4. F D de beaucoup de sortes. — 5. F D ajoutent : et elle vit comment les Francs savaient [D bien] combattre. — 6. F D ajoutent : tous les [D ses] plus beaux atours, d'abord \mq. dans D] une chemise de soie blanche, puis. — 7. F D ajoutent : si magnifique qu'on n'aurait pu en trouver de meilleure, même en cherchant dans tout l'univers. — 8. F D ajoutent : faite, — 9. F D de l'or brillant.

diverses mi : sur clic un manteau:

aucun auiic plu [lie ne se pourrait trouver,

même li 00 cherchait île la; Ce manteau ve-

nait du couchant, du : ot •.

Quatre! mt ce manteau iu meilleur

or, et elles y travailk :c hivers avant de le ter-

miner ; il était lait tvec des étoiles et beaucoup de pi.précieuses. Les agrafes du manteau fuient achetées au marchand Samarien ' pour soixante li >r pur. Ses cheveux étaient plus beaux que l'or; sa peau était pareil! de la neige ou plus blanche encore; et on ne vit jamais dans ce temps-la plus belle jeune tille. Elle entre dans la salle avec trente jeunes tilles vêtues de velours, et aussitôt qu'elle fut entrée, elle fit resplendir toute la salle; elle s'avance devant le dais. Elie se le mt elle et tous ceux qui étaient là. Elie prend alors Rosamonde et l'asseoit sur son genou ; les jeunes nlles jouent des danses et chantent de leurs belles voix. Cependant tous redent Rosamonde et s'émerveillent de sa beauté. Alors la joie et le plaisir se montrèrent, et tous se réjouirent surtout de la nouvelle joie qui venait de leur être donnée. Rosamonde salua cordialement Julien; autant en ht sire Guillaume et tous les Francs qui se trouvaient auprès de lui, avec une grande amitié. Elie raconte alors comment Rosamonde l'a aidé et plusieurs fois sauvé de la mort: il lui dit que pour cela elle doit recevoir de lui ce qu'elle voudrait ; alors elle le choisit lui-même pour bien-aimé, et lui demande pour son père la vie et son royaume avec tous les honneurs. Elie lui accorde sa prière. Il envoie donc chercher le roi Macabre; Galopin y va avec 4 sa rapidité accoutumée et revient et ramène le roi avec lui. Élie salue le roi amicalement et le place à côté de lui

i. F occides ; C Sides. — a. F Samerion; autres mss. Ion. — 3. F D aussi blanche que la neige. Ici finit le fragment F-. — 4. Ici finit la lacune de C.

la saga d'eue 177

sous le dais, et lui dit qu'il aura son royaume et son honneur et qu'il doit en remercier sa fille. Le roi Macabre en est hautement réjoui. Il y a alors grande joie et grand jeu, car chacun égaie l'autre. Élie fait alors connaître à tout le monde qu'il a l'intention de s'en retourner avec son père, que Rosamonde voyagera avec eux ainsi que Galopin.

On fait alors les préparatifs du voyage d'Elie à grands frais, avec de belles provisions et de grandes sommes d'argent. Puis Élie part alors de Sobrie, avec sa nombreuse troupe. Rosamonde fait partie du cortège avec de nombreuses jeunes filles et une suite princière. Alors Elie monta sur les vaisseaux avec tous ses gens, emportant de Sobrie beaucoup de choses de prix, tant en riches étoffes qu'en pierres précieuses, or etargent travailléet non travaillé. Elie vogua sur la mer et eut un vent favorable; ils arrivent au port qu'ils avaient en vue. Alors ils descendent de leurs vaisseaux avec tous leurs gens et entrent dans la salle du duc Julien. Elie convia chez lui sire Guillaume et tous ses compagnons de route avec ■ la plus grande pompe et courtoisie. La mère d'Elie est très réjouie ainsi que sa sœur et tout le peuple ; elles sortent du château avec les jeunes et les vieux; ils se rencontrent tout près du château; la rencontre est très joyeuse entre Elie et sa mère et sa sœur et tous ses parents et amis. La mère d'Elie et sa fille accueillent demoiselle Rosamonde avec toute joie ; et ils entrent à cheval dans le château avec grande pompe, et toutes sortes d'instruments de musique furent portés au-devant d'eux; prêtres et clercs s'avancent en magnifique procession avec de doux chants. Elie et le duc

1. D à un fesiin magnifique. Sire Guillaume accepte; Élie envoie chez lui de nombreux et magnifiques chevaliers pour annoncer son arrivée, demandant en même temps qu'un festÎD soit préparé avec tout ce qu'il y a de mieux et priant tous ses gens de v nir au-devant de m suile avec.

178 là Mkû

Julien et lire (juillaume sont conduits de la sorte à l'église avec j joie. \)c la ils sont menés a la salle et placés Mil » le premier jour, Kosam

1 daui une auti 1 11 ses jcuneslilles; lesecond

jour eut lieu le baptême et tout le service divin pour elle et pour toir demoif Jlei et les hommes de sa suite.

Apres que | . :ce divin et |U€ ia cérémoni I il a

été parlé lurent achevés, la tille du roi fut conduite a la salle principale avec grand* pompe; il y av Qfl le

cortège la mère d'EltC et aussi la demoiselle Orable ', sa s.eur, et un grand nombre de dames en cortège magniliquc : on toucha alors de l'orgue et on joua de la lyre et de la cithare et des titres avec une douce harmonie. La troupe entie dans la salle, qui était richement décorée; demoiselle Rosamonde était à la plus haute pla. une robe si magnifique et si précieuse qu'aucun roi n'est assez riche pour pouvoir acquérir sa robe à prix d'argent. Aussitôt qu'elle tut arrivée à sa place, les gens ne rirent attention à rien autre qu'à regarder son beau visage et le riche vêtement qu'elle portait, car le manteau qui était placé sur son corps brillant semblait à la vue être de flammes, à cause de l'escarboucle qui était placée dessus à côté de beaucoup d'autres pierres précieuses. Il y a alors joie et jeu; tous ceux qui le peuvent viennent contempler Rosamonde, et personne ne songeait à boire, car personne ne croyait avoir jamais vu une plus belle jeune tille : ses joues étaient comme si la rose rouge s'était unie au lis blanc. On festoya durant trois nuits. Elie dit alors que le festin doit être encore plus somptueux. « J'ai l'intention, » dit Elie, « de faire mes noces, et personne de ceux qui sont maintenant ici ne s'en ira; quiconque s'approchera ne manquera pas d'être invité, jeune ou vieux, riche ou pauvre. »

Elie envoie mander ses parents et ses amis qui n'é-

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