Voy. G. Paris, Hist, poét. de CharL, p
XXn ELIE DE SAINT GILLE
de Garnimas (v. 1 979- 1 982 ) . Il mentionne plus loin (v. 1793- 1796) une légende de la femme de Salomon qui est fort ancienne, et sur laquelle M. G. Paris adonné quelques éclaircissements ^ Autre part, c'est l'épopée bretonne dont il met en jeu les héros : le roi Arthur, Gauvain et Mordret ; enfin, au v. 2383, il place dans la bouche de Charles-Martel un dicton, bien connu d'ailleurs % mais qui ne se retrouve ni dans Gat'in le Loherain ni dans Girart de Roiissillon, les deux seuls poèmes qui fassent mention de Charles-Martel.
Tous ces souvenirs ne permettent guère de supposer un élément historique dans la chanson d'£'//e; je suis toutefois disposé à faire une certaine place à la réalité historique en considérant comme des Normands les Sarrasins dont il est question en maint endroit du poème. On a vu, aux vers 179-180, qu'Élie avait quitté Saint-Gilles et avait marché tout le jour sans boire ni manger . Au v. io5o, nous retrouvons Élie qui, depuis trois jours, n'a rien mangé. Il est évident pour moi que, dans la version primitive, les trois jours dataient du départ de Saint-Gilles; etil me semble facile d'expliquer les nombreux combats d'Élie et son lointain voyage en terre païenne, en supposant que le héros de la chanson a eu affaire, non pas à des Sarrasins, mais à des envahisseurs normands. On sait, en effet, que, du ix^ au x^ siècle, les Normands ont