I. B Z>et sa fille
LA SAGA d'ÉLIE i63
OÙ Élie est arrivé. Le duc souhaite la bienvenue à Galopin et à tous ses hommes : il y a alors un riche festin. Galopin est assis à côté du duc ; ils boivent gaiement tout le jour et toute la nuit. Galopin raconte toujours ses voyages et ceux d'Elie. Quand le soleil éclaira le monde, le duc se lève avec toute sa suite, et envoie de quatre côtés un ordre de lui, disant que de tous les châteaux qui sont dans tout son domaine, dans le délai d'un demimois, tout homme vienne à lui qui peut monter à cheval ou tenir une lance, combattre avec Tépée et briser une brogne; quiconque restera en arrière subira de grandes punitions. Le duc fait venir alors des chevaux richement harnachés : on monte à cheval. Galopin est placé sur une magnifique haquenée. Beaucoup de chevaliers du pays le suivent et tous ses gens avec des épées tranchantes et des heaumes incrustés et des écus ornés d'or; ils avancent alors et ne se reposèrent pas avant de voir apparaître un magnifique château avec de grandes tours et de forts murs. Le maître en est le noble prince Guillaume, le plus renommé des hommes de France par ses qualités courtoises et sa chevalerie. Galopin entre et pénètre jusqu'à la salle de ' Guillaume ; là ils trouvent de nombreux écuyers pour les débarrasser de leurs chevaux et de leurs armes, et pour les bien garder.
Le duc vient à leur rencontre avec toute sa suite, habillée de velours, et invite Galopin à rester là avec tous ses gens aussi longtemps qu'il le voudra. Ils entrent dans la salle, et le duc désigne à Galopin une place auprès de lui. Galopin donne alors la lettre du jeune Elie et la lettre que le duc Julien envoyait à Guillaume; quand il a pris connaissance de la lettre d'Elie, il devient très joyeux et dit qu'il entreprendra volontiers ce voyage. Le duc alors les traite avec grande pompe, au milieu des réjouissances et des plaisirs les plus recherchés. Les uns jouent du psal-
I, B D du duc Guillaume.
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térion et de la lyre, d'autres touchent de l'orgue, quelques uns battent du tambour, d'autres encore soufflent de la trompette; les uns jouent aux tables, d'autres encore aux dés; ensuite on va dormir. Au matin, aussitôt que le soleil réchauffa le monde de ses rayons brillants, le duc se lève avec tous ses hommes, et envoie aussitôt dans tout son royaume un ordre rapide, commandant à tous ses meilleurs hommes de venir à Orange* dans le délai d'une semaine et faisant en même temps donner à Bernard et à Ernaud l'ordre de venir le trouver avec des hommes choisis dans le délai qui a été indiqué plus haut. Guillaume fait monter les chevaux et préparer les épées et polir les heaumes. Ainsi se passent sept jours; le huitième arrive à Orange une si grande quantité d'hommes que presque tous les logis furent pleins ; Bertrand est venu aussi, ainsi qu'Ernaud à la longue barbe et Bernard le bon chevalier. Il y a alors joie et plaisir d'être ainsi réunis beaucoup ensemble. Tous s'émerveillent surtout de la petite taille qui était échue à Galopin, et comment il tenait courtoisement son petit corps, et en force il ne le cède pas aux hommes les plus robustes. On boit gaiement toute cette journée, mais aussitôt que le matin vient, sire Guillaume fait armer tous les siens, au nombre de dix mille chevaliers. Alors Guillaume part avec sa troupe et ne s'arrête pas avant d'avoir trouvé le bon duc Julien dans son beau château, et devant il y avait une si grande troupe d'hommes qu'on pouvait à peine les compter. Le duc Julien vient au devant de Guillaume avec toute sa suite et toute espèce d'instruments de musique. Ils entrent ainsi dans la salle et boivent du vin, que des écuyers à l'air guerrier leur versent en grande pompe et avec des manières courtoises; il y a alors un beau festin. Galopin dit son message en présence de toute l'assemblée : sire Julien prie tous les hommes qui sont venus là de lui