‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 134 sur 145 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

sait diB.Maisse de demander le secoure de ta reine pour l'expédition de Bretagne, disant avec plus de prévoyance que de noblesse : c Elle s'en servira pour reprocher les précédents et pour s'en plaindre t mais ma condition n'en peut empirer, et si elle me refuse, elle m'augmentera le sujet que m'a déjà donné la froideur de son assistance. » De Maisse ne changea pas d'opinion et ne regretta pas sa conduite. Il écrivit , avant de s'embarquer, à Yilleroy pour lui communiquer les noms des dé* ptttés que le roi devait s'attendre à recevoir ; et, partant de Douvres le 18, rentra en France par Dieppe, le 19 janvier 1598. Il s'y rencontra avec la princesse d'Orange, qui l'entretint des affaires des Pays-Bas ; et avec M. de Bellièvrc, que le roi envoyait demander de nouveau des secours aux États des Provinces-Unies, pour cette expédition de Bretagne que le duc de Mercœur eut la sagesse de ne point attendre et qu'il prévint, le 18 février, par une soumission d'autant plus lucrative qu'elle

s'était fait désirer plus longtemps.

Ainsi se termina Cette mission de Hurault de Maisse, qui ne put obtenir IMmpossible et qui sut se contenter du nécessaire ; qui comprit ia situation délicate de son pays à la cour d* Elisabeth, et qui eut le courage heureux de paraître ne point la comprendre pour la relever ; qui joignit enfin dans Taccomplissement de son devoir, aux qualités d*un observateur ingénieux, quelque fermeté envers Tétranger, une intelligente franchise envers son gouvernement, et, & travers des épreuves journalières , un sentiment très*net et une noble ja* lousie de la dignité de la France.

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