‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 133 sur 145 · CHAPITRE XL S»r · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL S»r

en lui disant que, depuis son retour de ]a guerre, il lui était passé sur la tête une grande nuée, qu^elle commençait à peine à se dissiper, et qu'il était, malgré lui, resté étranger aux premières audiences de l'ambassadeur. Il parla , avec une prévoyance émue, des épreuves qu'il pouvait rencontrer encore; on avait pensé à lui pour cette députation en France ; il avait refusé craignant de paraître partial en faveur de la guerre et d'en rester responsable. Il devait songer lui-même à ses affaires domestiques qui le mettraient, s'il n'y prenait garde, hors d'état d'être utile à son pays. La cour, ajoutait-il, était travaillée de deux maux : la lenteur et l'inconstance ; le sexe du souverain en était la cause. Quant à la paix , il n'y pouvait croire ni avant ni après la mort du roi d'Espagne ; pour les créances de la reine sur le roi de France, il n'y attachait aucune importance et ne put s'empêcher d'en rire. De Maisse emporta de cette visite une vive impression de la tristesse découragée du comte. Le lendemain elle lui fut confirmée

par Philipps, qui vint répéter à l'ambassadeur qu'Essex ne voulait plus se mêler des affaires de la France , et disait amèrement que tout le monde tenait plus de compte du Père et du Fils * que de lui. Cependant son ambition perçait encore sous cet abattement, et de Maisse en pressentit le réveil. De Maisse apprit encore, avant de quitter Londres, les noms des députés choisis par la reine. C'étaient Cecil, Milnes et le secrétaire du conseil privé, Wilkes. Le 15 janvier, il partit pour Douvres* en espérance, dit-il, de retourner en France avec l'aide de Dieu. » Il reçut à Douvres une lettre importante de Henri IV, datée du 11 janvier, de ce même jour où de Maisse lui écrivait la fin de sa mission et json prochain retour. Le roi y exposait la suite de ses négociations avec le cardinal, de nouvelles assurances de paix et offrait, si la reine n'était arrêtée que par ses doutes sur les pouvoirs du cardinal, de les envoyer vérifier. Enfin il pres-

• Lord Burghley et son fils Cecil.

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