‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 42 sur 145 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La politique commerciale de TAngleteite entrait alors dans la seconde des trois phases qu'elle devait naturellement traverser. Dans la première, elle avait attiré vers ses rivages par des immunilés de toutes sortes , dont les privilèges accordés aux villes hanséatiques étaient encore l'importun et précaire témoignage , le commerce et l'industrie de ses voisins. Arrivé, à la fin du xvi* siècle, à pouvoir se suffire et à se sentir la force de s'accroître, le commerce anglais devenant exclusif, éloigne l'étranger de ses ports par un système de vexations qui ,' au temps de Huraut de Maisse , était en pleine vigueur et dont le célèbre Acte de navigation ne sera que la sanction officielle et définitive. Nous voyons enjin aujourd'hui ce commerce, confiant dans sa prépondérance , accepter la libre concurrence dans ses ports et la réclamer sur tous les marchés du globe.

A cette époque , non - seulement les ports et les marchés de l'Angleterre étaient devenus inhospitaliers pour le marchand étran-

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ger * , mais les eaux de l'Angleterre n'étaient plus sûres, et ses meilleurs alliés n'y naviguaient qu'avec péril. Le grand amiral trafiquait ouvertement de passe-ports que les marchands étrangers achetaient volontiers, comme la seule garantie efficace pour leurs vaisseaux, exposés aux visites et aux saisies de ceux de la reine. lia côte occidentale de la France, les eaux du Portugal n'étaient pas à l'abri de ces violences, lues îles d'Oléron faisaient avec l'Espagne un corn-»merce actif des vins de l'Andalousie, souvent interrompu par les croiseurs de l'Angleterre. Des vaisseaux français étaient saisis sur les côtés de

* DeMaissc {Joumaîf 267 à 270) donne de nombreuses preuves de cette inhospitalité calculée. « Les viUes maritimes, dit-il, qui avaient ici maison, maire, conseillers, beaux privilèges , sont maintenant travaillées des Anglois. — Les Anglois prennent tout trafic... n*excluent pas les étrangers, mais les (rai;at7/en^ perpétuellement et les dégoûtent. Les peuples s'en aguerrissent davantage et se dressent à la marine. » -^ L'étranger , qui a vendu ses denrées en Angleterre, ne peut emporter d'argent, « et fault par nécessité qu'il fasse son emplette dans le pays et rapporte d'autres marchandises, etc.... >

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