‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 46 sur 145 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

uns de ses courtisans , sept à huit mille hommes en Irlande, où l'Espagne et la misère entretenaient une guerre incessante , sa cour nourrie et payée , sa flotte toujours armée, ses subsides aux alliés du continent étaient les marques extérieures de cette économie venant en aide à la prospérité. De Maisse en voit des signes plus honorables encore dans ces hôpitaux et dans ces institutions de bienfaisance si nombreuses dans le royaume que les mendiants y étaient rares, dans ces établissements d'instruction gratuite qui offraient à la jeunesse anglaise , riche ou pauvre , plus de facilité pour s'instruire qu'il n'en existait chez les peuples les plus éclairés du continent. Enfin, un symptôme alors important et très-remarque de la prospérité des finances royales était la pureté de la monnaie anglaise , altérée par Henri VIII et par ses successeurs, ramenée à sa juste valeur par Elisabeth en 1560 ; résolution qui parut hardie et qui n'était que sage. Mais cette honnêteté ne put se soutenir jusqu'au bout d'un long règne. En 1601, pour la première

fois, les soldats envoyés en Irlande i^eçurent dû trésor épuisé d'Elisabeth de l'argent mêlé de cuivre. L'Irlande était en effet la compensation de cette pro^érité et jetait de I- ombre »nv ce beaurègne. Fanatique et surtout sauvage , cette pepu^ lation misérable avait encore assez de force pour repousser la religion , l'autorité et la civilisation de ses conquérants. Il n-y eut, sous Elisabeth, entre les deux races hostiles, que des trêves, toujours abrégées par Pinquiète humeur des chefe irlandais, par la violence populaire ou pajr l'intervention de r Espagne. Intervention peu efficace d'ailleurs , à cause de cette incroyable pauvreté du pays , qui réduisait les E^agnols à venir en petit nombre et à transporter avec eux leurs vivres ; à cause aussi de cette aveugle férocité des habitants, qui rendait peu sâre la vie de leurs défenseurs. Cependant l'Irlande lassait l'Angleterre, et il paraissait aussi impossible de Isu soumettre qu'il était impossible de l'abandonner. Elisabeth voyait avec une irritation profonde ses meilleures troupes

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