‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 58 sur 145 · CHAPITRE VI. 1Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 1Ô

contribuaient à Téclat de la couronne. L'évêque dont elle goûta le plus les mœurs et la doctrine, qu'elle appela du siège de Worcester à celui de Cantorbéry, qu'elle fit Primat d'Angleterre et membre de son conseil privé, était ce Whitgift qui eût rivalisé avec la papauté par le luxe de ses demeures et de sa table, par sa suite nombreuse et brillante , qui se faisait servir à genoux , et qui avait plus d'une raison pour être l'adversaire déclaré et le constant contradicteur des puritains *. Ces richesses de l'Église anglicane étaient après tout une utile garantie contre le retour du pays au catholicisme. Les biens considérables de l'Église romaine, engagés soit dans les revenus de l'Église établie , soit dans le domaine royal , soit

^* « He even claimed to be served on the knee. » Aikip, II, 110. — « Doctrinain ecclesiastica Angliae politeia pro- « pugnanda singularem laudem consecutus. » Caniden, p. 368. — Ce fut en 1583 qu'il fut nommé archevêque de Cantorbéry ; et poursuivant les puritains avec tout l'appui de l'autorité royale, il avait pris cette devise qui ne correspondait guère à son rôle ni à son caractère : Vin-' cit qui patitu/r. — Camden , p. 369.

dans les propriétés de la noblesse, &ûit enfin dans les fondations hospitalières et bienfaisantes, étaient devenues, par un juste retour, en Angle* terre comme partout, Tun des plus solides fondements de la réforme. La reine Marie fut elle-même contrainte de le respecter ^ , et d'élever sur cette base protestante sa fragile et passagère restaura* tion du catholicisme. Qu'on joigne à TefTet indestructible de cette grande et politique mesure de la sécularisation des biens ecclésiastiques, l'effet plus lent mais aussi certain de la politique extérieure du pays, de la lutte contre l'Espagne, contre Ma^

' C'est un fait bien remarquable que les restaurateurs du catholicisme en Angleterre aient reconnu la nécessité de ne point contester la sécularisation accomplie et

l'impossibilité d'y porter atteinte : « Proposuit ut

« uniyersum regni corpus Ecclesiœ romanee reconcilia- « retur. Qua œgre impetrarit, nec priusquam bona mo- « nasteriis, coUegiis^ episcopatibus , eto... ab Henrico « Octavo et Edwardo Sexto ablaia regin» et possesso- € ribus simul eadem sanctione confirmarentur^ ne quies c regni turbaretur. » — Camden, Apparatus, p. 13. —De Maisse rappelle à ce sujet les Tains efforts de la reine Marie. Bien qu'elle régnât cinq anS| dit-il, c nul ne tou* lut rendre ce qui a^ait esté occupé. » Tournai, d38t

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