CHAPITRE Vil. I4lf
mais ils n^exprimaient que bien incomplètement Un pouvoir qui en réalité ne laissait au-dessus de lui que la reine. Les étrangers s'y trompèrent plus d'une fois, et connaissant mal Tâme d'Elisabeth , écrivirent qu'il était le maître de l'Angleterre ^ Sans aller aussi loin , du Yair reconnaît
docteur Nares rétablit (yoI. I), à Tàide d'un warrant adressé par la reine au : c right welbeloved oounsailor « William, baron oîBurletgh,» Cecil a lui-même effacé ce nom pour j substituer Burgnîey.
* BeauYoir de la Nocle écrivait de Londres, le 16 juin 1590 : « J'ai enfin yaincu le grand trésorier, etc.. Or, il est à noter que si la royne ayoit ordonné f aides, et ces* tuy dist : ne faictes pas^ il seroit plutôt obéi : au demeurant je le trouve plus doux et plus traitable que je ne faisois ; ce sont humeurs qui vont et viennent selon le vent ; tant y a qu'enfin il faict bien , mais il n'est de ceux qui veullent mettre en pratique le proverbe qui
dit : Quis cito dat, his dot. » Egerton, 359, Ashridge collection.— Cette curieuse dépêche, annonçant à Henri IV l'envoi de cinquante mille livres de poudre , le presse de les payer à l'échéance convenue : le crédit du roi est perdu si « nous ne payons jamais et ne nous souvenons de ce que nous empruntons, cela s'appelle Vidasmer ou faire le Vida^me, Au nom de Dieu pourvoyez -y ou ne faictes plus d'estat de trouver rien par deçà, sinon sur bons gaige8.»Le proverbe latin, cité par Beauvoir de la Nocle, était souvent dans là bouche du grand trésorier qui le faisait suivre de cette interprétation spirituelle
qu'il est le maître du conseil privé , et que c les autres conseillers d'État ne sont que des chiifires ^ . » De Beaumont est frappé de cet ascendant, et de Maisse en fait Texpérience '• Les souverains qui négociaient avec Elisabeth étaient jaloux de s'assurer son appui. Marie Stuart reçut de lui avec reconnaissance des conseils qu'elle n'eut point la sagesse de suivre. Enfin le peuple anglais, s'en prenant à lui des mesures les plus importantes du
que Bacon nous a conservée : a If you grant them « specdily, they will corne again the sooner. »
* Advis 9ur la constitution de FEstat d'Angleterre , etc.. Du Vair écrit plus haut avec discernement : « Le comte d*£sscx est aujourd'huy celuy qui a le plus de faveurt et le grand trésorier celuy qui a le plus de maniement. »
* De Beaumont écrivait : <c Le grand trésorier est un yieil serviteur de la reine, fort caduc et incommodé de son âge; néanmoins, par la longueur de ses services, maniement des finances, connoissance des plus secrètes intentions de Sa Majesté, se peut appeler chef du conseil, y est suivi de tous les vieux conseillers qui ont l'âme yrayment angloise , c'est à-dire ennemis du bien et du repos de la France. » Mémoire sur les affaires de r Angleterre. Les 500 de Colbert, 35. — « Le grand trésorier , écrit de Maisse ( Journal , 214 ] est le principal homme de son conseil et le premier de sa maison, etc... »