CHAPITRE YIII
Premières impreBsions de de Maisse. — Cecil et Essex. — Expéditio& d'Essez pendant cette année 1597.— Seg échecs, ses débats «Tec Raleigh. — Ses griefs et ses plaintes à son retour. — La yisite de Burghley.—Le grand amiral fait comie de Nottinghamè -^ Ses lettres patentes injurieuses pour Essex. — Jalousie et hostilité générale des Anglais contre la France. -^Tivacité déjà ancienne de ce sentiment.— Elisabeth juge la paix générale impossible et espère seulement retarder la paix séparée de la France.— Première audience de de Maisse.-— -Costume et portrait de la reine* —Son impatience. — Absence d'Essex. — Lettre de Henri lY à Elisabeth «—Incrédulité affectée de la reine.'^Gonféf ence de Burghley et de de Maisse. — De Maisse refuse d'envoyer vérifier les pouvoirs de Richardot. — Deuxième audience. — Costume de la reine. — Ses digressions continuelles sur Gabrielle d'Estrées, sur elle-même. — Tentatives du roi d'Espagne et leur cAusOi-^Sa beauté d'autrefois.— Elle eût voulu voir le roi.
Arrivé le 2 décembre à Londres, de Maisse ne fut reçu que le 8 décembre par Elisabeth, Ce délai fut loin d'être inutile à Fintelligent envoyé du roi
de France, Il le mit à profit pour apprendre ce qu'il lui importait le plus de savoir sur le caractère d'Elisabeth, sur les influences et les rivalités de sa cour, sur la disposition des esprits à Tégard de la France,
II fut bientôt instruit de Thumeur hautaine de la reine, des interruptions et des plaintes auxquelles elle se laissait aisément emporter en écoutant les ambassadeurs de l'ancien roi de Navarre, devenu son égal sans cesser d'être son obligé. 11 put mesurer la puissance de lord Burghley, reconnaître en lui le véritable chef du conseil privé, le seul homme qui eût quelque influence sur les jugements de la reine. Il le vit préoccupé de l'avenir de son fils, Robert Cecil, dont la fortune s'élevait par degrés, inutilement menacée par l'opposition du comte d'Essex. De Maisse vit aussi d'un coup d'oeil tout ce qui s'amassait de 'haine dans Fâme du fils de Burghley contre la popularité , contre le crédit et même contre la beauté du favori d'Elisabeth.