‹ Élisabeth et Henry IV, 1595-1598Chapitre 85 sur 145 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ses espérances ; il voulut toujours accomplir sa double tâche. Ce ne fut pas sa seule faute. Il lon^ gea les côtes de TAsturie et de la Galice avec ostentation , et heureux d'effrayer les populations par la vue des vaisseaux de la reine, il les avertit si bien qu'il trouva la flotte espagnole bien gardée sous le canon de ses ports et entourée de tant de moyens de défense qu'il fallut renoncer à l'attaquer. On fit donc voile pour les Açores après avoir perdu un temps précieux. Raleigh, que la tempête avait séparé de la flotte, y était déjà. Un coup de main heureux le rendit maître du port de Faial ; et comme la rivalité d'Essex et de Raleigh, déjà publique, était envenimée par leur entourage, le vainqueur fut arrêté et traduit devant un conseil de guerre pour avoir débarqua sans ordre. Raleigh reconnut sa faute et on le réconcilia avec son général. C'était , depuis leur départ , la s^ conde de leurs réconciliations. Lorsque Essex avait perdu Raleigh de vue sur les côtes d'Espagne , il l'avait aussitôt accusé 'de désertion et l'avait écrit

en Angleterre. Retrouvant Raleigh aux Açores, Essex s'était excusé avec une certaine noblesse d'une précipitation .qui, malgré tout ce qu'il pouvait dire , n'en rassemblait pas moins au joyeux empressement de la haine satisfaite.

L'expédition était enfm réunie à l'île Gracieuse, trop faible pour résister au débarquement. On s'y établit et l'on résolut d'y attendre les convois espagnols. Mais la flotte s'y trouvait mal abritée, et Essex préféra la faire croiser entre les îles Saintr Georges et Gracieuse. Par un de ces hasards si fréquents sur mer et qu'on attribue volontiers à la fatalité , deux heures après l'appareillage de la flotte anglaise , un convoi espagnol de quarante navires, parmi lesquels sept étaient chargés d'or, allant d'Amérique en Espagne , vint jeter l'ancre à l'île Gracieuse. A peine instruits du voisinage des Anglais, les Espagnols s'éloignent en toute hâte et retournent s'enfermer dans le port de Terceira. Un capitaine anglais les rencontre; Southampton et de Vere, les plus voisins, accourent

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