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PARIS

LECOI^TE ET DURE Y, LIBRAIHES, quai des Avigustiws, n'^. ^y.

SUR L'AUTEUR (i).

Madame Sophie RisTy^uD-CoTTiN , née à Tonneins , en 1773 , dans la religion réformée, passa son enfance à Bordeaux, où elle fut élevée avec beaucoup de soin par une ^mère qui aimait les arts et les lettres. D'un caractère tendre et mélancolique , elle préféra de bonne heure les jouissances du cœur à celles de 1 esprit. Comme elle ne cherchait point les suffrages du monde, et qu'elle avait plus de solidité que d'éclat dans sa conversa lion, ceux qui l'entouraient n'avaient point deviné ses dispositions brillantes, et son talent fut long-temps un secret pour sa propre famille. A IVige de dix-sept ans, elle épousa un riche banquier, et vint habiler la capitale. Après trois ans de mariage, elle eut à pleurer un époux qu'elle aimait tendrement. Cette perte, quelle éprouva au milieu des

(ï) Cette ?fotice, extraite ào la Biographie nnivcrscUCf esi de M. JMichaud, de l'Acadei^ie française.

6 KOTïCE HISTORIQUE

orages de la révolution, ne fit qu'augmenter son goût pour la retraite : Tamitié et 1 ctude pouvaient seules la distraire de ses cbagiins. Douée d'uîje imagination vive et d une grande facilité pour rendre ses idées ^ elle se plaisait, dans sa solitude, à écrire les pensées qui avaient frappé son esprit. Elle était alors loin de songer qu'elle occuperait un jour le public, et ne pensait qu à plaire à ses amis, sans avoir la moindre idée de son talent. Elle s était d'adleurs , jusque-là , bornée à quelques pièces de vers pleines de naturel, ou à quelques morceaux de prose dont elle seule ignorait le charme et la grâce; enfin, entraînée par sa facilité, après avoir conçu un plan , elle écrivit de suite deux cents pages, et ces deux cents pages furent un roman plein de sensibilité et d éloquence. Ce fut ainsi qu elle fit Claire d'Alhe. \ji\ de ses amis, qui venait d être proscrit, avait besoin de cinquante louis pour pouvoir sortir de France, ei dérober sa télé aux bourreaux; madame Cottin rassembla les feuilles éparses quelle venait d'écrire, et les vendit à un libraire, pour en remettre le prix à une victime de la révolution. Ainsi le premier pas que fit madame Cottin dans la carrière des lettres

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