LIVRE II
Je sais que les maux comme les Liens procèdent du Très-Haut , repondit Issachar : toujours soumis à ses lois , toujours reconnaiii^aut de, SCS donsj la vue du plus affreux trépas n'ébianlerait pas ma foi , et pourtant Di3u m'avait promis, par la voi\ de Moïse, qu'avant la fin de l'année, il me ferait voir Tépousc qu'il me destine, celle qui portera dans ses flancs la giorieuse lignée d'où doit descendre le sauveur du monde. Nous touchons aujourd'hui au dernier jour de Tannée, je m'éloigne des jeunes vierges de Juda pour aller chez les idolâtres : est-ce donc dans ce sang impie que Dieu choisira celle qu'il veut élever au-dessus de toutes les femmes d'Israël ? Ne jugeons point aihsi ce (pi'û ne nous a]/partient pas de connaÎLre , reprit Iloram; car les pensées de Dieu ne sont point nos pensées, et ses voies ne sont pas Jios voies, ce qu'il a promis, il le tiendra; ce, qu'il ordonnera , vous rexécuterez. Gardez seulement votre cœur droit et vos mains pures; soumettez-vous sans réserve, et TÊternel saura bien trouver le moyen d'accomplir ses promesses. ».
En parlant ainsi , les deux voyageurs arrivèrent sur le Lord du grand fleuve , dont les eaux débordées inondaient les campagnes. Soit qu'ils 8'approchasscnt du torrent de Jaser, soit qu iU
ïy6 LA PRISE DE JERICHO,
descendissent vers le lac Asphahite , ils no pouvaient trouver aucun passage. « Dieu nous aurait-il abandonnés? s'écria Horaui eu élevant ses mains vers le ciel. Est-ce vous qui doutez, s'écria Issachar surpris, est-ce moi (^ul vous apprendrai comment une foi 6incèr3 triompiie d'un pareil obstacle? » Il dit : et, se précipitant dans le fleuve, il se débat contre les vagues qui ■ le repoussent vers le rivage, triompne de lafureur des flots, atteint Tautre bord, met le pied sur la terre de Canaan, et rend grâces à rÉterncI.
En Tapercevant sur la rive opposée, IJoram s'encourage à l'imiter j il lutte péniblement contre le courant qui l'entraîne ; il arrive enfin, confus qu'un vieux ami de Moïse se soit laissé devancer par un enfant du désert. Prêt à livrer son cœur à l'envie, il réprime bienêôt ce vil' sentiment; il se souvient qu'ïcsachar est destiné à être la tige du sang royal d3 Juda, et se plaît à le voir s'élever par la beauté et le courage audessus de tous les mortels.
ta. null commençait à étendre ses voiles sur toute la nature, lorsque les deux Israélites entrèrent dans Jéricho. Troublés de se trouver seuls, loin de leurs frères, au milieu d'une nation idolâtre, ils ne savaient ce ([u"ils devaient faire; ni à qui recourir pour demander Thospila-