CHAPITRE XV
la Virginie et le Delaware, partagé en deux parties presque égales par la baie de la Chesapeake , lo sol du Maryland forme un vaste plateau qui s'élève graduellement de IVst à l'ouest, jusqu'à sa rencontre avecla chaîne des montagnes Bleues, — the Blueridges, — l'un des chaînons de ces immenses Alle,ghanys, auxquels les Sauvages du Nord avaient donné le nom de montagnes sans fin. The Blue ridges, avec leurs sommets revêtus d'épaisses forêts , se déroulent du nord au sud sur plusieurs lignes régulières, parallèles entre elles. De larges et fertiles vallées s'abritent dans ces sillons; elle sont entrecoupées par des collines peu élevées, qui offrent une succession de perspectives délicieuses. C'est comme un monde de montagnes qui s'élèvent de tous les côtés, dans toutes les formes et dans toutes les directions. Ce monde est immense; il est agreste, jamais sévère ni sauvage. 11 est tellement disposé pour enchanter les regards qu'on le croirait préparé tout exprès. L'abondance et la multiplicité des eaux, des sources, des ruisseaux et des grands fleuves qui découlent de ces diverses hauteurs dans les vallées, y entretient une fraîcheur constante, qui ajoute encore à leur fertilité ^ Il n'est point de contrée dans l'Amérique , où les fleurs , les arbres , et les plantes des forêts offrent tant de richesse et de variété.
» Le Maryland est arrosé par le Potornac, la Susqaehanna, le Patapsco, le Pocomoc, et par une multitude de cours d'eau moius importants qui se perdent dans ces grands fleuves.
La petite livière de Monacacy, qui coule dans la vallée d'Emmetlsburg, est un des affluents du Potomac.
lOri ELIZABETH SEtON
Sitôt que la voix du printemps a fait entendre son appel, tout ce qui va respirer, pousser, fleurir, sort (lu sommeil des hivers avec une impétuosité et un désir de la vie particuliers aux climats où la chaleur vive est accompagnée de l'humidité de l'air. La plupart des arbres que nous cultivons avec soin dans nos jardins et dans nos vergers, croissent au Maryland à l'état sauvage, mais plus abondants et plus vigoureux. Dans les haies , fleurit le pêcher avec le prunier ; tous les deux donneront sans culture des fruits délicieux. La vigne rustique enroule ses festons aux arbres voisins ; de petits raisins blancs ou noirs , d'un goût agréable, succéderont plus tard à sa fleur parfumée. La neige des pommiers a changé chaque arbre en bouquet. Les cerisiers poussent de toutes parts; on les voit au milieu des bois , à côté des sombres sapins, des cèdres gigantesques, des chênes, des platanes, des érables à sucre, des tulipiers, du magnolier, du noyer hycoris, des catalpas et des plaqueminiers. Les espèces de ce joli arbre sont des plus variées; il en est qui s'élèvent à la hauteur de nos grands chênes, d'autres qui portent leurs cerises réunies en bouquets comme des grappes de raisin. Sous les arbres, parmi la mousse et la fougère , aussi bien que dans les champs, la terre est couverte de ces beaux fraisiers qu'on appelle fraisiers de la Virginie*. Leurs fruits précoces, d'un écarlate un peu éteint , sont beaucoup plus gros que la fraise de nos bois ; ils répandent un parfum exquis. Ou rapporte que lorsque les premiers colons, venus
1 Fragaria Virginea.