‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux États-Unis (volume 2)Chapitre 47 sur 94 · CHAPITRE XIV iOl · texte numérisé non relu

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sence, vous pourrez toujours implorer les grâces qui ranimenl, qui consolent, et qui éclairent le cœur.

Henriette, depuis celto soirée, accompagna ses sœurs à l'église. Elle y venait tous les jours, pleine de recueillement et de respect, non-soulement à l'heure de l'adoration du soir, mais le malin, pour assistera l'offrande du saint sacriGce. « Il me semble, disait-elle, que j'éprouve pendant la sainte messe, au moment de Télévalion de la divine hostie, une impression aussi profonde que si la personne auguste de Notre-Seigneur était là, réellement, présente devant moi, se laissant voir à travers les voiles qui dérobent sa majesté à nos regards. »

Le 22 juillet, fête de sainte Marie-Madeleine, le divin sacrilice était offert pour elle dans l'église d'Emmeltsbarg, pendant que le même jour, à la même heure, on l'oifruit aussi pour elle dans la chapelle de Sainte-Marie à Baltimore. Elizabeth, Cecilia et Anna devaient communier ensemble , pour attirer plus abondamment labénéJiction du Seigneur sur la chère brebis qui s'approchait peu à peu de l'entrée du bercail. En les voyant s'avancer toutes les trois ensemble vers la sainte table et s'agenouiller devant l'autel, Henriette sentit fondre son cœur; la grâce l'emportait et triomphait de sa lutte avec la nature. Elle passa dans un trouble extrême le reste; de la journée, mais elle n'en laissa rien paraître. Peut-être hésitait-elle encore à embrasser la vérité qui la sollicitait. « Enfin, raconte la mère Seton , au déclin de celte journée, comme nous montions toutes les deux, pour la seconde fois, à l'église, au milieu du silence profond de tout ce qui

nous entourait ; elle avait ses mains croisées sur sa poitrine , la pleine clarté de la lune éclairait son beau et pâle visage, tout animé d'une céleste expression; tandis que nous récitions le Miserere et le Te Deum , que depuis sa petite enfance elle avait entendu tous les jours à la prière de la famille, je vis couler le long de ses joues de douces larmes d'attendrissement et d'adoration. Comme nous redescendions de la montagne, son cœur éclata : «C'en est fait, ma sœur, je suis catholique! me dit-elle. La croix de notre cher Seigneur, voilà mon unique désir. Je n'aurai point de repos que je ne me sois donnée à lui. »

La croix de Jésus-Christ, mais aussi les récompenses qui l'accompagnent , c'était bien ce qu'allait embrasser la digne sœur d'Elizabeth et de Cecilia. Ses qualités charmantes , son esprit, ses talents l'avaient rendue l'orgueil de sa famille. Sa rare beauté était une des gloires de la ville de New-York'. Le jeune fiancé auquel sa destinée semblait prête à s'unir attendait son retour avec ardeur; un seul mot échappé de sa

1 Perhaps, yoii remember Harriet Selon... She was oq the top of fashioii, amusement, and the Belle oi New-York. Wben makiog us a visit while I was ia Baltimore for the recovery of Gecilia's health, she followed us to the mountains, where our community is established, became a fervent convert... and exercised every mark of faithful soûls. — « Peut-être, vous vous souvenez d'Henriette Seton. Elle était à la tête de la mode, de toutes les parties, la Belle de New- York. Pendant que j'étais à Baltimore, elle vint nous y faire une visite au moment où l'on espérait le rétablissement de la santé de Cecilia. Elle nous suivit dans nos montagnes, là où notre communauté s'est établie, et elle y devint une fervente catholique , donnant toutes les marques de la piété d'une âme fidèle. » Elizabeth Seton , dans une lettre adressée à Antonio Filicchi. — Mai 1810.

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bouche : Je suis catholique , et l'édifice enchanté de son bonheur terrestre allait s'écrouler de toutes paris. Un seul mot allait briser ses plus chers liens , lui aliéner l'affection de sa famille, la faire repousser par ce monde qui l'idolâtrait. «J'ai réfléchi à tout cela, dit-elle à Elizabcth. J'ai pesé dans mon esprit les conséquences de ma résolution. Je vais retourner à New- York, j'y resterai , si ces chers amis auxquels je suis si tendrement attachée veulent bien encore me recevoir; car ils sauront, dès mon arrivée, que je ne puis demeurer protestante plus longtemps. Je serai fidèle h la promesse que j'ai donnée; mais, ajouta-elle en montrant à sa sœur une petite miniature qu'elle avait toujours à son cou et qui était le portrait de celui qu'elle devait épouser, si, comme catholique, je suis repoussée même de cet être chéri , je n'hésiterai pas davantage , j'ai mon âme à sauver. »

Description du Maryland. — Séjour dans la maison de Robert Fleming. — Les premières Sœurs de Siint-Joseph. — M. Flaget, évèque nommé de B.irdstown. — Ohjet de son voyage en France. — Il promet de rapporter à hmmettsnurg les constiiulions données aux Filles de la Cliaiité par saint Vincent de Paul. — hègles provisoires observées par la communauté. — Le Grotlo d;ins la moulngne. — Les i'y-homes — P.iuvieté, privations, morliticatiou des Sœurs. — Ileniieite Seton à la veille de sa premirre communion. — Lettre d'Aaiouio Fihcclii. — liépoase de la mère Setou.

Le Maryland , ce pays qu'Elizabeth Seton allait habiter pour tout le reste sa vie, porte un doux nom*, et peut être regardé comme un doux et heureux pays. Son territoire est fécond, sa température est clémente. L'Iiiver y serait inconnu sans le voisinage des montagnes ; mais quand leurs sommets se couvrent de neige, le froid en descend et fait souvent beaucoup soulFrir. Entouré de trois côtés par la Pensylvanie ,

t Maryland, la terre de Marie, du nom de la reine Henriette- Marie de Fiance, fille de notre roi Henri IV, mariée à l'infortuné Charles 1*', qui régnait en Angleterre lorsque le lord Baltimore vint fonder la colonie.

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