‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux États-Unis (volume 2)Chapitre 50 sur 94 · CHAPITRE XV i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV i

Elle et sa petite colonie quittèrent dans les premiers jours d'août l'iiospilalière, mais fort incommode, demeure que leur avait offerte M. Dahois. EIK-s descendirent dans la vallée, et prirent possession de l'ancienne maison de Robert Fleming. Celte vallée, où les voici maintenant Hxées, n'aura plus d'autre nom pour nous que la vallée de Saint-Joseph. La nouvelle installation qu'elles y eurent laissait beaucoup à désirer; mais on se sentait chez soi, on n'était plus qu'à un demimille du village , et l'on avait un peu plus d'espace pour se loger. Il est vrai qu'on ne put longtemps se vanter de ce dernier avantage ; car, après l'arrivée des Sœurs qui jusqu'alors étaient restées à Baltimore, on se trouva au nombre de seize réunies dans la maison. Or, on n'avait, pour tout, qu'un seul étage avec un galetas au-dessus; et la place était si petite, qu'on n'avait pu disposer plus de deux pièces sur chaque palier. Toutes celles que renfermait celte étroite demeure avaient été accoutumées dès leur enfance aux douceurs et aux aises de la vie, quelques-unes même à ses élégances et à ses recherches. « Mais, comme le disait plus tard la mère Selon, l'offrande du saint sacrifice célébré tous les jours, le bonheur de posséder le saint Sacrement dans un petit réduit, tout juste assez grand pour contenir la place d'un autel, faisaient qu'on se prenait à aimer des gênes qui, sans cela, auraient paru insupportables, w

La communauté se composait alors de dix Sœurs : Elizabeth Selon, Cecilia OConway, Maria Miirphy, Maria Burke, Suzanne Clossy, Mary- Anne Butler, Rose White, Catherine MuUen, Sara Thompson et Helen Thompson.

Il eût été difficile de trouver une réunion de personnes plus dignes d'être choisies pour aider aux commencements d'une belle œuvre de charité à peine naissante. La grâce avait répa,ndu parmi elles les dons les plus variés, les aptitudes les plus diverses. Comme en une ruche remplie d'abeilles, on trouve les ouvrières industrieuses, qui les unes façonnent la cire , les autres préparent le miel ou veillent à l'éclosion des jeunes essaims; de même, on pouvait voir déjà dans la petite ruche de Saint-Joseph les Sœurs diligemment occupées, qui trouvaient à se rendre utiles , chacune selon son attrait particulier. Esprit d'oraison et de retraite , disposition marquée pour les œuvres laborieuses de la charité active , capacité pour embrasser les détails du gouvernement et de l'économie intérieure, tout se rencontrait chez elles , et concourait également , bien que d'une manière différente, à l'avantage général. Il avait été décidé que la nouvelle société de Saint -Joseph prendrait pour modèle l'Institut des Filles de la Charité , servantes des pauvres , fondé en France par saint Vincent de Paul. Ce point important résolu, il restait encore à obtenir de la maison mère une copie du livre des constitutions et des règles qu'on adopterait. Le soin de les demander, et de les rapporter en Amérique, fut confié à M. Flaget, prêtre émigré français, de la société de Saint-Sulpice, qui était à ce moment sur le point de s'embarquer pour le continent européen.

M. Flaget ne nous est pas tout à fait inconnu ; nous l'avons vu travaillant , de concert avec M. Babad et M. du Bourg, à l'établissement d'un collège de jeunes

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