‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux États-Unis (volume 2)Chapitre 51 sur 94 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

gens à la Havane. Sa vie d'apôtre avait commencé plusieurs années avant qu'il n'eût été envoyé par ses supérieurs dans l'île de Cuba. De l'année 1793 à 1796, il avait été chargé presque seul des missions lointaines de rOuest, dans l'illinois et l'Indiana. Là, vivant au milieu d'une population d'émigrants canadiens , rares habitants civilisés d'un pays peuplé de Sauvages indiens, il avait été tour à tour prêtre , maître d'école , fermier, architecte , et, dans l'occasion, magistrat. Au moment où nous le retrouvons, fixé depuis neuf ans à Baltimore, coopérateur de M. du Bourg au séminaire de Sainte-Marie, aumônier des prisonniers, consolateur des condamnés à mort, il venait d'être nommé à l'évêché de Bardstown , un des quatre sièges épiscopaux nouvellement créés aux États-Unis *. Son attachement pour la compagnie de Saint-Sulpice , dont les membres s'engagent à n'accepter aucune dignité ecclésiastique , son humilité, son amour de l'obscurité et de la retraite, lui avaient inspiré une telle épouvante des responsabilités et des honneurs de la charge épiscopale , qu'il était tombé sérieusement malade lorsqu'il avait appris le choix qu'on venait de faire de lui. « Je crois qu'il en serait mort, écrivait M. Emery, si ses confrères ne l'avaient pas assuré qu'il pouvait en conscience refuser Tépiscopat. » 11 l'avait refusé en effet. Et s'il entreprenait maintenant ce voyage qui devait l'ame-

i Aux ternes de la bulie d'institution, le diocèse de Bardstown était renfermé dans les limites des États du Kentucky et du Tennessee ; mais , a cause du grand éloignement de l'archevêque de Baltimore, la juridiction de l'évèque fut étendue sur l'Ohio, l'illinois, le Michigan , l'Arkansas, le Missouri, etc.

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ner en France, c'est qu'il espérait obtenir de son supérieur général la permission de persister dans son refus. Comme on ne pouvait de longtemps recevoir les constitutions de saint Vincent de Paul à Emmettsburg, les Sœurs continuèrent à s'appliquer, autant que les circonstances le permettaient, à observer ponctuellement les règles provisoires qui leur avaient été données. Leur lever était fixé à cinq heures. La prière, la méditation, la récitation d'une partie du Rosaire , les occupaient jusqu'à six heures trois quarts. A sept heures, elles se réunissaient dans leur petit oratoire pour y entendre la sainte messe, que leur aumônier, M. Dubois, venait offrir tous les jours. Elles récitaient la seconde partie du Rosaire après la messe; prenaient leur déjeuner à neuf heures; faisaient un acte d'adoration au sacré Cœur de Jésus, puis s'employaient aux divers offices de la maison ou de l'extérieur, jusqu'à midi moins un quart. Cette heure venue, elles consacraient quelques moments à l'examen de conscience, à l'adoration, et à la lecture du Nouveau Testament. A midi, elles dînaient, pendant que l'une d'entre elles lisait à haute voix quelque partie de l'Écriture sainte, que toutes écoutaient dans un profond recueillement. Après le dîner, récréation jusqu'à deux heures. Lecture de V Imitation de Jésus-Christ, et travail jusqu'à cinq heures. Visite au saint Sacrement, récitation de la troisième partie du Rosaire. A sept heures, le souper, suivi de la seconde récréation qui se prolongeait jusqu'à huit heures et demie. La journée se terminait par une courte lecture spirituelle et par les prières du soir. L'ensemble de cette vie tendait à

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