G. HARPER
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(Voir la page 621.)
Quand nous parlons, à propos de M. Brute, des charges que le plus dévoué des pasteurs peut faire entrer dans sa vie, c'est une idée un peu vague , peut-être , celle qui s'éveille à ces paroles. Pour montrer le sens qu'il conviendrait d'y attacher, il existe des documents bien intéressants que nous allons reproduire.
M. Brute se faisait une loi de fixer par écrit, chaque fois qu'il le pouvait, le souvenir des occupations de ses journées; c'était pour lui comme une sorte de mémorandum d'après lequel il faisait son examen de conscience. Ces notes , devenues après sa mort la possession de son successeur au siège épiscopal de Vincennes,
— M. de la Hailandière, — ont été publiées par M. J. R. Bayley,
— aujourd'hui évêque de Newark. — Plus éloquentes dans leur négligence et leur rapidité que tout ce qu'on essaierait de dire , elles font comprendre ce que peut être la vie d'un vrai prêtre missionnaire,
UNE JOURNÉE d'uN PRÊTRE — ÉTERNITÉ *
« Quatre heures et demie. — Benedicamus Doinino. — Gloire à Dieu, au réveil. Prières vocales. Méditation devant le tabernacle. Messe de M. Hickey. Jésus-Christ, mon Seigneur présent.
« Six heures. — Célébré la messe. Jésus-Christ présent. Déjeuner. Soins matériels. Retourné à l'église, — dans la montagne.
— Ouvert le tabernacle. Sorti le saint Sacrement. Marché avec Guy Elder à travers les bois , avec notre divin Seigneur sur ma poitrine. Dit notre chapelet et des actes de dévotion au saint Sacrement à la fin de chaque dizaine.
« Huit heures. — Chez M'"*^ Mac-Cor mick. Ses marques si vives de foi et de joie. Entendu sa confession. Préparé la table. Appelé ses petits enfants , le jeune converti et tout le monde ; son mari se préparant pour sa première communion. Administré le saint
1 Le mot éternité se retrouve en tète de presque toutes les notes et de tous les papiers de M. Brute.
Sacrement à M">^ Mac-C. Parlé de Marthe et Marie et Lazare, et de Zachée, autrefois les amis de Notre-Seigneur sur la terre. Il est encore sur la terre, et nous, nous sommes ses amis vivants à présent. En nous en revenant à Emmettsburg, récité le Miserere, Notre Père, Je vous salue Marie, et l'hymne « Jésus qui aimez mon âme ».
« Neuf heures et demie. — A l'église à Emmettsburg. Ouvert le tabernacle et le saint ciboire : visité M, ****, dix années sans avoir fait ses pàques; bon caractère, moral , comme Ton dit. Entendu sa confession. Foi solide ; il en donne des marques évidentes. Conversation avec lui.
« Dix heures trois (juarts. — En m'en revenant, baptisé l'enfant de la femme de Peter. Ses larmes abondantes. Son grand embarras. Je n'ai pas entendu sa confession cette fois.
« Onze heures. — Retourné à l'église à Emmettsburg. Remis le S. S. dans le saint ciboire. Temps d'arrêt à Saint-Joseph avec Guy. Visite au saint Sacrement. Vu M™" Brawner.
« Midi. — Trouvé au collège une vieille femme allemande qui m'attendait. Aucun devoir depuis dix ans. Malade et estropiée. L'air bien pauvre. Venue pour savoir si je voudrais l'entendre. La sœur Angela lui a donné à dîner. Elle doit revenir dimanche.
« Une heure et demie. — Appelé pour voir Glacken, au-dessus d'Emmettsburg. Venu à l'église d'Eramettsburg pour chercher le saint Sacrement. C'est la cinquième fois aujourd'hui que j'ai touché mon souverain Seigneur, « le Roi de gloire. » Porté Notre-Seigneur au malade. Administré le sacrement de l'Extrême-Onction. Adressé quelques paroles aux personnes présentes. Dans le nombre plusieurs protestants.
« Quatre heures. — Retourné chez M""'' Brawner. Entendu sa confession. Récité mon office. Oh ! les merveilles de cet office du saint Sacrement 1 Et me voici maintenant à écrire ces notes. Mais je passe mille détails en pensées et en actions. Qu'elle est naerveilleuse la journée d'un prêtre ! Dans la soirée , instruction pour la Confirmation. »
A la suite de ceci, sur la même feuille, il avait écrit : «Qu'ai-je fait aujourd'hui pour la maison? Revu la seconde classe de latin. Entretien devant Dieu avec un des jeunes gens. Revu la troisième classe de français. Leçon de latin à Guy Elder. Entretien
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avec un autre jeune homme qui est venu me consulter. Un autre avec M. Hickey. Un avec les deux Gardiner. Écrit une lettre. Le dialogue pourBaltimore, six pages. Lecture spirituelle. Les prières ordinaires. Si tout cola t'tail bien fait, quelle bénédiction en résulterait! iMais , ô mon Dieu, si pauvrement fait, si à demi ! Hélas 1 »