Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-Unis
Vie pieuse d'Elizabeth, occupée et heureuse. — Son humble impatience de servir les intérêts de la religion aux États-Unis. — Lettres adressées à Filippo et à Antonio Filicchi. — Correspondance d'Elizabeth avec ses deux belles -sœurs. — Rencontre providentielle. — M. Cooper. — Don offert à M. du Bourg pour la création d'une école et d'un asile en faveur des pauvres catholiques du Maryland. — L'école d'Elizabeth à Baltimore. — Première communion des enfants. — Mlle Cecilia O'Conway. — Commencements de la fondation d'Emmettsburg.
Il est un enchantement que nul, s'il l'a éprouvé, n'oubliera jamais. Partir, laisser au nord, derrière soi, le sombre et rude hiver; se hâter vers les régions du Midi; se réveiller tout à coup sous le gai sourire du soleil, surpris et ravi tout à la fois de sentir, au lieu des morsures
du froid, les tièdes caresses de la chaleur : délicieuses impressions ! qui les fera revivre en son souvenir aura la parfaite image de ce que doit éprouver un cœur glacé par l'abandon de ceux qu'il aimait, s'il se sent réchauffé doucement sous une atmosphère de bienveillance et d'affection. Entourée des soins d'une tendre amitié, Elizabeth ne se lassait pas de remercier Dieu « des heureux changements qui avaient transformé sa vie ». Le repos et la paix dont elle jouissait consolaient de son absence le petit nombre d'amis qui lui étaient toujours demeurés fidèles, et qui avaient tant souffert pour elle des rigueurs de sa famille. Peu de temps après son arrivée à Baltimore, sa chère Harriet lui écrivait : « Où pourriez -vous aller, sœur chérie, sans rencontrer bienveillance et affection? Ceux qui pourraient vous connaître sans vous aimer seraient donc des êtres insensibles? La description que vous faites est ravissante. Toutes mes pensées, mes espérances, s'envolent vers l'heureux endroit que vous nous avez dépeint. Oh ! puissé-je m'y voir un jour! Non pas comme je suis maintenant , mais vraiment heureuse. Puissé-je goûter le bonheur de servir Dieu dans votre religion bénie ! Chère sœur, ne cessez de prier pour moi. Ne m'oubliez jamais à la chapelle. Souvenez -vous du soleil couchant. J'irai tou-