CHAPITRE XIX
du séminaire, et se reposa sur lui, en grande partie, du soin de desservir la maison de Saint- Joseph. Là , les conseils que son ministère l'appelait à donner, soit dans la chaire, au confessionnal, ou dans ses entretiens avec la vénérée supérieure, se trouvèrent d'un grand secours, et furent bientôt goûtés comme ils devaient l'être.
Une imagination brillante, un caractère vif et généreux, mais entièrement subordonné aux impulsions de la foi, donnaient à M. Brute, avec un grand sentiment des vérités de la religion , une ardeur tout expansive pour en prendre la défense par ses discours et par ses écrits. Ce fut avec bonheur qu'il rencontra dans la supérieure de Saint-Joseph une âme exercée aux pensées les plus élevées, qui pouvait le suivre lorsque les élans de sa belle intelligence l'emportaient vers la région des hauteurs. « Il me semble, dira-t-il un jour, — lorsqu'il recueillera les souvenirs des années qu'il avait vécu près d'Elizabeth, — il me semble que jamais on n'a pu trouver à un plus haut degré que chez elle l'élévation , la pureté, l'amour pour Dieu, pour le ciel, et pour les choses surnaturelles et éternelles. Si elle avait été placée en des circonstances semblables à celles où se trouvèrent une sainte Thérèse, une sainte Françoise de Chantai , elle y aurait
été remarquable au même degré de sainteté 1 . »
Lorsque Elizabeth se confia à M. Brute pour la direction de son âme, elle était déjà fort avancée dans les voies de la vie spirituelle. Sa docilité cependant apprit de lui à gravir, d'un pas plus égal et plus ferme, ces invisibles degrés que l'âme élève en elle-même* pour monter, monter encore, et se rapprocher de son Dieu.
Elle l'apprit de lui , peu à peu , par un progrès continu , mais qui se fit sentir plus tard. Car, au moment où il arriva, la dernière blessure qu'elle avait reçue en son cœur était si récente et si douloureuse, qu'elle marchait toute courbée, accablée, comme Notre- Seigneur au Calvaire, succombant parfois, et restant là sur le chemin.
A ce moment, on le comprendra, la conduite d'un guide éclairé , le dévouement d'un
i He — M. Brute — regarded her as one who, touse his own language, if placed in circums tances similar to those of S. Theresa , or S. Frances de Chantai, would hâve been equally remarkable in the scale of sanctity. — Memoirs of the right révérend Simon W. Th. Gabriel Brute DD. first bishop of Vincennes , published by Rl Rev. James Roosevelt Bayley DD. bishop of Newark. — New-York, 1861.
2 Ascensiones in corde. Ps. lxxxiii.