CHAPITRE XIX
plutôt que d'ajouter une seule offense à cette montagne de péchés que l'âme coupable a déjà entassés sur les épaules du Sauveur. »
18 septembre, fête de saint Thomas de Villeneuve.
« N'oublions jamais ce jour: seule, à genoux, la tête appuyée contre le chevet du lit, le cœur appesanti, presque endormi..., nous fûmes réveillée comme malgré nous , et poussée à aller vers notre divin Sauveur, qui , si souvent, fait déborder sur nous la coupe de ses bénédictions, à l'heure même de notre insensibilité et de notre ingratitude.
« Oui, ce jour-là, tandis que je m'approchais de lui, plus semblable à l'esclave qui va de force à son devoir, qu'à l'infortuné en péril qui court à son libérateur : combien doux, combien miséricordieux, fut l'accueil que je reçus! Combien ma part fut abondante , et généreusement offerte! Que de reproches en de tels bienfaits; que de reproches, adorable Maître, pour l'âme qui vous aime! Et aussi, avec quelle bonté n'avez -vous pas réveillé cette âme, pour l'exciter au désir de vous recevoir ! Et que vous répondit-elle après?... Ah! cela ne saurait s'exprimer que dans un langage d'amour,
ignoré des voix de la terre ; cela ne peut être compris que par une intelligence absorbée en Dieu, son Créateur, son Sauveur, son souverain Seigneur.
« Je veux garder le souvenir de la ferveur avec laquelle je renouvelai alors mon offrande de tout y absolument tout, pour obtenir de Lui le don de son désirable amour. Croyant, doux Sauveur, que je voyais entre vos mains mon cœur couvert de souillures, rempli de misère, je vous conjurai de toutes mes forces de couper, tailler, retrancher, quelque angoisse que je dusse souffrir, tout ce qui pouvait s'opposer en lui à l'effusion de votre amour.
« Je renouvelle encore cette prière, et je vous demande, comme la marque la plus grande de vos miséricordes , d'aller jusqu'au vif et de déchirer jusqu'à la dernière racine. Laissez saigner ce cœur, laissez-le souffrir... tout souffrir, pourvu seulement, ô mon Seigneur bien-aimé, pourvu que vous le façonniez pour vous. »
« O mon Jésus, laissez-moi monter jusqu'à vous par les degrés de l'humilité, que vous avez suivis, lorsque vous êtes descendu vers moi! Laissez -moi baiser le chemin qui mène au Calvaire, tout arrosé de votre sang, puis-