‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 123 sur 226 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

riet, Cecilia, Anna, Rebecca, au milieu de leurs souffrances, avec une indicible tendresse. C'est elle qui avait le soin des pauvres orphelins appartenant à notre paroisse; elle, avec notre bonne Sœur Rose "White , qui était chargée du petit pensionnat. Si jamais vous venait le désir d'avoir comme un petit morceau de moi-même, vous le trouveriez en cette chère Susan Clofsey, qui est l'une de nos assistantes. Et si jamais vous les voyez toutes les trois, aimez-les pour moi ; car elles m'aiment le plus tendrement ; ainsi que moi , si justement, je les aime. »

Arrivées à Philadelphie, elles n'eurent d'abord d'autre pensée que de s'acheminer vers l'église pour remercier Dieu de les avoir amenées au terme de leur voyage. De l'église, elles se rendirent à l'asile, en reçurent la direction, et y entrèrent quelques jours plus tard. Aller Anfang ist schwer i : des privations et des difficultés sans nombre les y attendaient. La maison avait des dettes qui se montaient à quatre mille dollars, — plus de vingt mille francs ; — pour la retenir sur la pente de la ruine, les trustées venaient de réduire à six cents dollars , — trois mille francs , — la somme

1 Tout commencement est difficile.

convenable qui précédemment lui avait été allouée pour l'entretien de chaque année. Or, six cents dollars, c'était complètement insuffisant, vu le prix excessif auquel la guerre avec l'Angleterre avait fait monter toutes choses. Pendant les trois premiers mois, les Sœurs en furent réduites à regarder le pain à leurs repas comme un objet de luxe qu'elles ne pouvaient se permettre. Se refusant le pain, elles se contentaient de pommes de terre; et, à vrai dire, ce fut là presque leur seule nourriture. pendant toute cette première année. Elles prenaient sans sucre du café de grain, supportaient sans feu les rigueurs du froid , et ne brûlaient que des écorces de tan au seul foyer qui s'allumât dans leur maison pour les nécessités du blanchissage ou de la cuisine. Cette vie toute de privation était encore trop coûteuse , tant les ressources étaient misérables. Elles en étaient arrivées à ne pouvoir plus subsister, quand leur détresse, découverte par quelques personnes du dehors, leur attira du secours.

Un jour que ces pauvres filles, surchargées d'occupation, n'avaient pu sortir, elles mirent trois sous, — c'était tout ce qu'elles possédaient, — dans la main d'une de leurs orphelines , et lui dirent d'aller au marché acheter, pour le repas de la maison, un jarret de bœuf. Quel fut leur étonnement, quand elles virent

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