‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 122 sur 226 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

établissements de la côte, isolés et dépourvus de défense, avaient été anéantis; mais l'ennemi avait pénétré sur plusieurs points dans l'intérieur des terres, et menacé de grandes cités, telles qu'Annapolis et Baltimore. La désolation des Américains fut portée à son comble dans la journée du 24 août, qui vit la naissante ville de Washington, la ville fédérale, tomber au pouvoir des forces anglaises. Le chef qui les commandait déshonora son succès , et viola les lois de la guerre, en livrant aux flammes , avec un grand nombre de maisons particulières , le Capitole , siège du congrès , et la Maison- Blanche , demeure que la confédération offre à ses Présidents. La lueur de cet incendie fut aperçue de Baltimore, et la nouvelle qui s'en répandit dans l'Union entière y excita les cœurs à la résistance désespérée, d'où sortit enfin la paix. Ce fut Baltimore qui la première, après le désastre de Washington, releva l'honneur des armes américaines. Les Anglais vinrent l'attaquer, et la couvrirent sous une pluie de bombes, dans les journées du 13 et 14 septembre. Mais ayant perdu Ross , leur commandant en chef1,

1 Le général Ross fat tué le 12 septembre, dans un des premiers engagements qui eurent lieu aux approches de Baltimore. — Voir Brackenridge, Histoire de la guerre entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Angleterre depuis 4812 jusqu'en 1815.

et se voyant en face d'une population déterminée à se défendre à outrance, ils opérèrent leur retraite.

Rose White et ses compagnes traversèrent le Maryland peu de jours après la glorieuse résistance de sa capitale. Les Anglais ne menaçaient plus Tintérieur du pays; mais, comme leur flotte croisait toujours dans la Chesapeake, les voyageuses se dirigèrent vers Philadelphie , en suivant la direction de Taneytown et Lancaster. Par motif d'économie, on leur avait donné ordre de demander l'hospitalité sur la route, autant que les circonstances le permettraient. Elles se conformèrent à cette recommandation , et furent accueillies avec beaucoup d'empressement par les familles catholiques chez qui elles séjournèrent.

ELIZABETH SETON A Mme JULIA SCOTT l«r décembre 1814.

« Voici l'une des plus chères

âmes entre celles qui s'en vont de cette maison à Philadelphie. Je puis dire qu'elle a vécu dans mon propre cœur, et qu'elle a été plus qu'une véritable sœur pour moi, depuis tout le temps que j'ai passé ici. Elle a soigné Har-

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