‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 127 sur 226 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

guider, surtout s'ils se voient attirés par des parents protestants, comme ceux-ci le seront selon toute apparence.

« Il serait inutile, cher Antonio, d'essayer de vous exprimer ce que ma sollicitude et mes craintes m'inspirent pour ces deux pauvres garçons. N'ayant qu'un seul objet en vue, — leurs âmes précieuses et leur chère éternité, — je n'ai pour eux aucun intérêt terrestre, qu'autant que cet unique objet y trouve sa place. Ils sont, en tant qu'enfants, d'une conduite exemplaire pour tout ce qui tient à la tenue générale et à l'accomplissement régulier de leurs devoirs religieux ; mais je ne remarque pas en eux de facultés ni de talents extraordinaires; leurs goûts, sous plus d'un rapport, ne sont même pas encore développés. Ainsi, pour leur avenir, je n'ai pas encore pu les amener à exprimer un désir arrêté; si ce n'est, disentils, le désir que nous avons, mère, de faire tout ce qui vous fera plaisir, et de faire ce que vous pensez qui sera le mieux. — Gomme j'aurais été heureuse s'ils s'étaient sentis appelés à la haute vocation du sacerdoce ! Ah ! si une telle grâce leur avait été accordée ! Mais notre Dieu a les yeux sur nous, dans sa miséricorde, et il sait ce qui est le mieux. Je redouterais de caresser un tel désir, ne fût-ce même qu'un moment, à moins que je n'eusse sujet de près-

sentir qu'il se trouve dans Tordre de la divine Providence. S'ils étaient auprès de vous, tout serait sauvé ! mais , les choses étant ce qu'elles sont, il faut que je me confie comme vous aviez coutume de me dire, cher Antonio, à saint Pierre; ou encore, à saint Joseph, sous la protection de qui je les ai toujours placés d'une manière particulière; et, par- dessus tout, à notre cher Seigneur, qui a si tendrement nourri les orphelins et la pauvre petite veuve. La première parole que vous m'ayez jamais dite, à ce que je crois, après votre premier salut, a été que je devais tout confier à Celui qui nourrit les oiseaux du ciel et qui fait croître les lis. — Et je me suis confiée en lui; et il m'a nourrie, par votre main, Antonio, pour une grande part.

« Notre saint évêque Cheverus est venu , comme on l'espérait, dans nos montagnes; le temps seulement de dire : « Je vous bénis. » Il a été comme un père pour nous. Il s'est exprimé sur vous en termes tels, qu'estime, que vénération, disent à peine la moitié de ce qu'il a exprimé. 0 mon frère, ce monde n'est rien! mais, fût-il tout, je le donnerais tout, pour vous voir, et vous, et Filippo, et votre chère famille; et pour répandre mon cœur devant vous. Et pourtant , ce ne serait que pour vous répéter ce que rien jamais ne saurait rendre : ma ten-

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