‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 128 sur 226 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

dresse , ma gratitude , et mille désirs de votre bonheur. Mais que l'adorable volonté soit faite; elle seule; elle seule, à jamais!

« Si je ne dois plus vous revoir en ce monde, j'espère avec une grande confiance que je vous reverrai en l'autre. Et maintenant, je prierai pour vous tous ; et je demanderai aux autres de prier pour vous, aussi longtemps qu'il me restera un souffle pour le demander.

« Mon cher, cher Antonio, si vous saviez ce que Dieu a fait pour moi en m'appelant dans son Église! Au milieu de ces flots agités qui nous poussent vers l'éternel abri , si vous saviez ce qu'est pour votre pauvre petite sœur la messe tous les jours, et la fréquente communion, et la paix et le repos devant le tabernacle, vous diriez comme moi : Que béni soit le jour où vous avez abordé le rivage d'Amérique!... Et notre bonne Mme Duplex, la voici maintenant, elle aussi , entrée dans l'arche du salut ; et à travers tant de difficultés et de tempêtes, que celles que moi j'ai traversées ne sont, auprès, que de faibles brises! Bénissez-Le, Antonio, bénissez- Le/ Élevez vos mains vers Lui, pour les âmes que vous avez été appelé à faire entrer dans son bercail ! Et la bonne Mmo Gime , avec un troupeau d'enfants et une âme si excellente , elle est maintenant une de nos Sœurs ; ici , dans la maison ! Eux tous ont part à ce que la divine

bonté a fait pour nous, par votre main, et par la main de votre saint Filippo. Vous pouvez penser maintenant ce que doivent être mes efforts pour que ma fidélité témoigne de ma gratitude. Mais, vous le savez, votre pauvre petite sœur était bien mauvaise; et elle est toujours bien mauvaise, avec un constant désir d'être bonne. Priez pour moi, afin que votre œuvre s'achève jusqu'au bout.

« Oh! je vous en prie, prenez chacun de vos enfants séparément , et bénissez-les, et embrassez-les pour moi; et votre à jamais chère Amabilia, dites-lui comme maintenant je m'efforcerais, — si seulement ce bonheur m'était donné de passer en ce monde un jour avec elle, — comme je m'efforcerais d'être bonne, pour racheter le temps où j 'étais si mauvaise ! . . . Mais penser que j amais , j amais plus en ce monde I . . . Oh! il faut prier, prier, prier..., tout est là.

« Ne soyez point en peine de moi , si ce n'est quand vous penserez à mes pauvres garçons. C'est leur salut que j'ai en vue. Ils sont maintenant pieux et d'une rare innocence; mais que cela est vite perdu!... Eh bien! Dieu, Dieu seul, il nous aidera !... Il n'est pas possible, à ce qu'il me semble , que l'abbé Plunkett ni que Mme Barigazzi 1 soient encore en vie. Souvent

1 Mmc Barigazzi, la mère de Mme Antonio Filicchi.

Page 1