‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 13 sur 226 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

de se dévouer au soin d'élever des enfants dans notre sainte religion. Il semble que sa bonté ne s'arrêtera pas à un commencement. Sur la recommandation de notre révérend archevêque Carroll, plusieurs familles ont offert de m'envoyer leurs enfants pour que je les prépare au moment de leur première communion. J'en ai à cette intention cinq avec moi, dont je m'occupe maintenant. Ma vie est une vie très heureuse, qui se partage tout entière entre mon école et la chapelle tout proche notre demeure. Notre révérend M. Babad, un saint, a dit la messe ce matin pour mes deux frères de Livourne; ma communion aussi a été offerte pour eux. Ce moment-ci de l'année, Antonio, est précisément celui où la divine lumière de la foi, à laquelle j'avais résisté si longtemps, a pénétré jusqu'à moi avec une puissance irrésistible, qui m'a contrainte à voir et à goûter ses infinies douceurs. Oh ! mon frère , où serait la pauvre mère avec ses enfants, si elle n'avait pas été délivrée des ténèbres et de l'erreur !

« Une excellente jeune femme a reçu dernièrement la grâce de la conyersion, dans notre famille ; et aussi cette pauvre vieille qui avait coutume de vous faire toujours tant de belles révérences. Gecilia est encore dans la lamille de son frère. Il y a eu de grands chan-

gements à New- York, dans le clergé, qui est en bien meilleure situation qu'au temps où vous étiez là. A Philadelphie, M. Hurley a obtenu des conversions éclatantes. Celles qui se sont faites ici, à Baltimore, sont d'un genre plus humble ; mais elles n'en sont que plus nombreuses, et, sans aucun doute, d'autant de valeur. Une nièce du juge Nicholson vient d'être confiée à mes soins par notre éveque, qui maintenant est obligé de s'occuper d'elle entièrement ; aucun de ses parents ne veut la recevoir depuis qu'elle s'est laite catholique. C'est moi qui instruis la chère petite, et qui la prépare, en ce moment , à recevoir bientôt le plus grand de tous les biens.

« Mon Annina 1 est si bonne , que toutes les mères qui la connaissent désirent que leurs filles deviennent ses compagnes. Comme je vous l'ai dit, mes fils sont ici au collège, sous la direction de M. du Bourg. Ils ne semblent avoir, au-dessus de l'ordinaire, ni grandes dispositions ni talents, ce qui est une croix pour moi; mais ils sont bons et innocents dans leur conduite autant que je le puis souhaiter. Je vous en prie, Antonio, dites tout ce que vous pourrez de meilleur de ma part à votre chère famille, et surtout à votre bien-aimée

1 Annina, pour Anna, la fille aînée d'Elizabeth.

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