CHAPITRE XIII
par l'effet du temps et de la séparation, s'accroît au contraire chaque jour dans la mesure que s'accroît et se fortifie en nous l'amour du trésor que nous vous devons , et le sentiment de son inappréciable valeur. Cher, cher Antonio, comment se peut-il donc faire que j'aie été l'objet de si grandes faveurs? Si vous pouviez savoir de quelles faveurs et de quelles consolations votre sœur d'Amérique se voit chaque jour comblée, votre cœur se répandrait en actions de grâces. Vous pouvez être sûr que si vous et votre Filippo n'êtes pas récompensés au centuple dès cette vie , ce n'est pas faute des constantes prières de votre enfant prodigue. Mais, allez-vous penser, les prières qu'elle fait ne peuvent avoir grand crédit. Pourtant, si j'ajoute que je suis assez heureuse pour recevoir le pain des anges quelquefois tous les jours dans une même quinzaine , je ne puis m'empêcher d'espérer que Dieu recevra la prière incessante, qui lui est offerte au nom de celui-là même de qui découlent toutes bénédictions.
a Je vous ai écrit plusieurs fois depuis que j'ai reçu votre dernière lettre, — celle que vous m'écriviez peu après votre retour de votre ambassade en France1.— Ma dernière lettre, à
1 Antonio Filicchi avait été envoyé en députation à Paris pour défendre auprès 4u gouvernement français
moi, en date du mois de juillet dernier, vous disait quelle est, pour ce monde, mon espérance et mon attente ; elle n'est autre que de travailler, pour une part si petite que ce soit, au progrès de notre chère et sainte religion. Si vous trouviez une occasion, je suis certaine que vous donneriez quelque encouragement à notre plan , si vraiment c'est la volonté de Dieu qu'il soit réalisé ; ou si vous ne l'encouragiez pas, vous nous en donneriez vos bonnes raisons. 11 y a longtemps que tout a été remis entre ses mains à Lui. Cependant je ne puis m'empêcher de l'implorer avec instance, toujours, à la communion, tandis qu'en même temps mon cœur est tourné du côté de Livourne... 0 mon cher Seigneur, mettez dans leurs cœurs, à eux, tout ce qu'y voudra votre sainte volonté sur moi ! et bénissez -les , eux et tous les leurs, de mille bénédictions spirituelles et temporelles !
« Assurément, une semblable institution ne saurait commencer ni se soutenir que par la protection toute particulière de cette divine Providence, qui a déjà fait naître en quelques âmes excellentes le désir d'en faire partie afin
les intérêts du commerce toscan. Cette mission était à peine terminée, qu'il en reçut une autre toute semblable. En 1812, il fut appelé en France par décret impérial. C'était la troisième fois qu'il s'y rendait pour y traiter des mêmes intérêts.