CHAPITRE XXI
poussée que par le désir de trouver un abri pour cette âme si chère, et de préserver mon William des périls qui eussent été, je le crois, inévitables pour lui , s'il fût demeuré en Amérique.
« Mais peut-être, maintenant, allez-vous trouver qu'il est nécessaire que William s'en revienne. S'il en est ainsi, je n'en bénirai pas moins Dieu, toute ma vie, de ce que sa bonté aura permis que mon fils ait vu les catholiques et la religion catholique tels qu'ils sont, et telle qu'elle est; tandis qu'ici il n'en a vu que l'ombre. De même, je bénirai toujours Dieu de ce que William aura acquis , avec une année de plus, la force de persévérer dans ce qui fait l'unique objet de ma sollicitude. Oh ! mon pauvre cœur oppressé, lorsque je pense aux périls que cet enfant peut courir !
« Ne croyez pas que je ressente cette angoisse uniquement parce qu'il s'agit de mes pauvres enfants qui m'appartiennent. Dieu sait que du jour où vous m'avez appelée, Filicchi, et avec moi tant d'autres chères âmes, à cette Église , qui est sa vraie Église , le monde n'a plus été qu'un néant à mes yeux. Le monde! je le donnerais à l'instant pour aider une seule âme à entrer en possession d'un bonheur semblable au bonheur qui m'a été donné. Oui, pour aider une seule âme ! et à plus forte raison