CHAPITRE XXI
s'offrir à lui. Il lui fut alors permis de la décliner. C'était en 1814, après que la mort de M. Egan avait rendu vacant le siège de Philadelphie.
Maintenant, demandé par M. Neale, M. Maréchal se vit dans la nécessité de céder. Ses supérieurs lui en donnèrent le conseil , en l'assurant d'ailleurs qu'il ne cesserait pas d'appartenir à Saint-Sulpice. Lorsque ses bulles lui parvinrent, M. Neale venait de mourir. Cet événement était prévu dans les bulles, en sorte que le coadjuteur nommé se trouva immédiatement archevêque de Baltimore et primat des États-Unis. Son sacre eut lieu le 14 décembre 1817. Il le reçut des mains de M. de Cheverus.
Quelques mois avant la mort de M. Carroll, les Sœurs de Charité de Saint-Joseph avaient tenu leurs élections pour la seconde fois. Leur choix s'était fixé de nouveau sur Elizabeth Seton, réélue Mère supérieure. C'était dans l'été de 1815. A ce moment, son cœur, très ému de sa récente séparation d'avec son fils William, se remplissait encore d'inquiétude pour les jours de sa petite Rebecca. Cette élection, ce choix, que la communauté entière, religieuses, novices, élèves, enfants, saluait avec bonheur, attrista celle qui en était l'objet.
Déjà , nous l'avons vu , depuis la mort d'Anna , Elizabeth , ébranlée dans sa santé , abattue et découragée au fond du cœur, n'aspirait plus que vers le repos, la solitude; et, s'il est permis de le dire en parlant d'une vie si cachée , vers une obscurité plus profonde. Mais éloignant d'elle toute hésitation , son humble obéissance à la volonté de Dieu lui fit accepter le fardeau qui lui était offert. Ne rien demander, ne rien refuser, était une des saintes règles de sa conduite.
La seconde mission des Filles de la Charité en dehors de la maison mère eut lieu peu de temps après les élections. Trois d'entre elles furent envoyées au séminaire du Mont-Sainte- Marie; animées, dit la mère Seton, du désir d'apporter quelque soulagement aux pénibles soins de leur cher supérieur, et de se dévouer au service de son intéressante maison , en échange de tant de peines qu'il avait prises pour la maison de Saint- Joseph. » L'arrivée des Sœurs fut, en effet, un grand soulagement pour le digne M. Dubois. Ce furent elles qui désormais eurent le soin de l'infirmerie, de la lingerie et de la plupart des détails de l'administration intérieure. Le bel ordre qu'elles firent régner dans toutes les branches des services qui leur furent confiés , contribua beaucoup à la prospérité du Mont-Sainte- Marie