CHAPITRE XXIII
apporter de vive voix la nouvelle à sa mère. Il devait en même temps remettre à Elizabeth une lettre d'Antonio Filicchi. «William, disait Antonio, vous reviendra avec cette lettre, en bonne santé, s'il plaît à Dieu ; respectueux et tendre fils; et avec un cœur que rien n'a flétri; et toujours, je l'espère, ferme chrétien catholique. Je m'en remets à ce qu'il vous dira pour tout ce que vous désirerez d'ailleurs Savoir. L'emploi de William auprès de moi pourrait être rempli par son jeune frère Richard, si vous pensez qu'il y soit propre , et si la situation que je lui offre vous convient ainsi qu'à lui. Pour ma part, je me contenterai d'une bonne volonté et d'une bonne écriture; et je suis tout prêt à agir pour lui comme j'ai fait pour William. Laissez- le tenter l'épreuve. Et par-dessus tout, ma sainte sœur, croyez-moi cordialement, dans toute l'étendue que ce mot peut avoir, votre ami le plus affectionné et le plus fraternel. »
ELIZABETH SETON A ANTONIO FILICCHI
16 septembre 1817.
« Mon cher Antonio, cher à jamais,
« Voici mon Richard. Vous avez dit qu'une bonne volonté et une bonne écriture suffiraient.
J'espère qu'il vous montrera bientôt qu'il a les deux ; et de plus , un cœur brûlant du désir de vous témoigner, en notre nom à tous, l'amour et la reconnaissance que nous avons tous pour vous. Votre demande de l'avoir est une vraie faveur de la Providence; car il paraît que jamais il n'a existé autant de difficulté pour occuper les jeunes gens. M. Barry m'écrit qu'il a été obligé d'éloigner son propre fils , à cause de la dépravation des jeunes gens dans nos villes en ces tristes temps.
« Les dispositions de Richard sont tout à fait différentes de celles de William. La pente de ses pensées le porte tout aux affaires et à ce genre d'activité. Mais son tempérament si prompt, joint à son manque d'expérience, l'expose à des dangers continuels auxquels échappe son frère. Oh! avec quel cœur profond, rempli de chagrin et aussi d'espérance, je les recommande à Dieu , qui jusqu'ici nous a si bien protégés !
« Nous avons trouvé que William avait tant gagné , et qu'il était en si excellentes dispositions, que nous ne saurions avoir la moindre inquiétude pour lui. Le voilà qui de nouveau a tourné son cœur vers la vie de marin, et maintenant je ne puis plus y mettre obstacle. Je remets tout à Dieu. Si Dieu n'est pas offensé, je serai contente. Mais c'est là qu'est le tour-