‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 203 sur 226 · chapitre; xxiv · texte numérisé non relu

chapitre; xxiv

çedoni m , en vue du phare de Boston. « Mère bien-airrpe. disait William, enfin, mes plus chers désirs semblent sur ie point d'être accomplis: (e bonheur, comme une étoile qui sort des nuageg d'une sombre et orageuse nuit , paraît se lever à mes yeux ! Mais , hélas ! l'horizon n'est pas encore tout à fait serein , et ma pauvre étoile tremblante, comme elle pourrait être encore aisément voilée par les nuages ! Vous pouvez vous imaginer avec quelle anxiété j'attends de voir de mes yeux les premières lignes que vous m'écrirez. Votre dernière lettre était datée du mois de mai 1820. Il y a un an, et plus ! Queis changements un an peut apporter ; j'ai peur d'y arrêter ma pensée ! De grâce, écrivez-moi vite, et dites-moi comment vous allez. Que je sache tout! Embrassez Kitty pour moi... Mon souvenir à nos amis de la montagne... Je vous réserve mes grandes histoires pour le temps où nous allons être réunis ; ou plutôt, à vous parler vrai, je me sens le cœur si remué en ce moment, que je ne puis vous en dire davantage. »

11 obtint permission de quitter son vaisseau. Sans s'arrêter à New- York ni à Philadelphie , il se hâta vers le Maryland. Il n'avait point attendu la réponse à sa lettre ; il ne se donna pas le temps de chercher sur sa rou^e ceux qui lui auraient pu donner des nouvelles des siens.

Il traversa rapidement Baltimore, et se rendit tout droit au village d'Emmettsburg. Là encore, il passa sans s'arrêter, sans dire un mot à qui que ce fût. Comme il se dirigeait vers la maison des Sœurs , à mi-chemin , il vit venir au-devant de lui M. Brute, qui lui tendait en pleurant une lettre écrite par lui ; une lettre non décachetée. C'était la lettre qu'il avait écrite, si peu de jours auparavant, à sa mère

pour lui annoncer son retour

Oh! s'attendre à la voir, à tomber dans ses bras, se dire sa joie d'avance, sa joie et sa tendresse, après trois ans loin d'elle,

et revenir trop tard !

Silence sur cette douleur, elle

fut au-dessus de toute parole. . ; . . . Dans ces grandes douleurs, les consolations humaines ne servent de rien. Mais la blessure au cœur de William demandait des soins, que M. Brute pouvait lui donner mieux que tout autre en ce monde.

L'œuvre d'Elizabeth Seton, commencée dans la faiblesse, continuée à travers les épreuves, affermie par les efforts persévérants d'une volonté confiante en Dieu , n'a cessé de grandir et de porter des fruits de bénédiction. A la mort de la vénérée fondatrice, la communauté se composait de cinquante Sœurs; il y avait

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