CHAPITRE XXIV
filles et ses deux sœurs , près desquelles , lui , l'ami, le prêtre, allait la déposer elle-même le jour d'après. 0 mère! ô Elizabeth! ô foi profonde ! ô pitié si tendre ! ô recueillement dans l'attente de votre divin Maître et dans votre abandon à lui ! d'autant plus parfait, à mesure que votre faiblesse était plus grande, et que votre fin approchait! ô simplicité!... ô véritable humilité, avec tant d'esprit!... ô bonté sur toute bonté!... Son caractère éminent: indulgence; pitié des pauvres pécheurs; charité si attentive à ne jamais blesser les autres, à trouver toujours des excuses , ou garder le silence... O attachement et reconnaissance pour ses amis ! Respect si religieux pour les ministres du Seigneur, et pour les moindres choses de la religion! O cœur si aimant, si compatissant, si religieux, si prodigue de toute possession , si désintéressé de tout ! O mère , excellente mère , nous vous perdons ! nous vous pleurons ! mais, vous, soyez donc maintenant heureuse !
Elles reposent dans le petit cimetière de la montagne, Harnet, Cecilia, Anna, Rebecca, Elizabeth Seton. Le même enclos renferme leurs précieux restes, les mêmes sentiers ont vu passer leurs cercueils, les mêmes grâces ont couronné, sur le soir de leur vie, leur espé-
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rance pleine d'immortalité. Harriet, Cecilia, les premières rappelées, les devancières des Sœurs qui sont venues dormir dans la vallée de Saint- Joseph. Mais, bien que parties après elles, plusieurs autres de leurs compagnes n'avaient pas attendu leur mère, si peu que son pèlerinage eût duré. Après Anna Seton , Maria Murphy, Eleanor Thompson , et la jeune Benedicta Corish, qui, en l'espace de dix mois, fut élève, novice, sœur professe, et habitante de l'éternité ; Agnès Duffy , Catherine Mullen , Mary Leewellen, Martina Quinn, Mary Egan, Helen Brady, Mary-Elizabeth Wagner, Mary-Ignatia Torney, Camillia Gorish , Jane-Frances Gartland, Mary-Theresa Mills.
Premières Filles de Saint-Joseph, qui, sitôt mortes qu'apparues , ont répandu sur leur passage le parfum des saintes vertus ! si nous disions , avec vos noms , le nombre de vos années , la mesure de vos jours, de si courte durée, révélerait éloquemment le secret de vos fatigues et la vie mortifiée des Filles de la Charité.
L'hiver et le printemps s'étaient écoulés depuis la mort d'Elizabeth. L'été maintenant souriait sur cette vallée qui portait son deuil. Par une des belles journées de juin, un heureux voyageur, revenu de loin, s'annonçait à Emmettsburg. Sa lettre était écrite à bord du