A L'AGE DE CINQUANTE -TROIS ANS
(Voir page 343.)
ACTE POUR CONSTITUER EN CORPORATION LA COMPAGNIE DES SŒURS DE CHARITÉ DE SAINT - JOSEPH DANS LE COMTÉ DE FREDERICK — MARYLAND — .
« Attendu qu'Eliz.-A.. Seton , Eliz. Boyle, Cecilia O'Conway, Jane Smith , Rosetta White , M argaret George, Bridget Farrell , Mary-Ann Butler, Frances Jordan, Susanna Clossy, Theresa Conway, Jane-Frances Gartland , Eleanor-Angela Brady, Ann Gruber, Adèle Salva, Eliz.- Magd. Guérin, Sarah Thompson, Camilla Corish , Margaret- Félicité Brady, Scolastic-a Bean , Julia Shirk, et Louisa Roger, ont représenté dans leur humble pétition à cette assemblée générale, qu'étant femmes non mariées, et au-dessus de l'âge de vingt et un ans, elles ont formé entre elles une association religieuse, sous le nom de Sœurs de Gharité de Saint-Joseph , et sous la direction de certains ecclésiastiques de leur croyance religieuse, pour accomplir des œuvres de charité et d'utilité, spécialement pour le soin des malades, l'assistance des vieillards infirmes ou nécessiteux, et l'éducation des jeunes filles; laquelle association, par sa nature et son objet, aussi bien que par ses règlements positifs , doit toujours être composée de femmes non mariées.
« Attendu que pour atteindre les divers buts que se propose leur institution , et pour leur procurer à elles-mêmes et à celles qui leur succéderont un lieu de résidence, une ferme près d'Emmettsburg dans le comté de Frederick, en cet Etat, leur a été donnée par une pieuse et charitable personne; de la culture et des revenus de laquelle ferme elles tirent une partie de leur entretien , et sur les terrains de laquelle ferme leur propre industrie et
quelques donations charitables les ont mises à même de pouvoir élever différentes constructions , tant pour leur résidence que pour les besoins de leur école ;
« Attendu que , comme les personnes qui composent leur association changent perpétuellement par suite des décès et des nouvelles admissions, elles ne peuvent posséder leur propriété sous leurs noms propres, en raison des embarras très grands auxquels ces changements doivent donner lieu; ce pourquoi, pour le plus grand profit de leur institution, elles ont investi de leur propriété deux personnes de leur choix , qui la possèdent maintenant nominativement;
«Attendu que la mort de ces individus, si elle survenait sans qu'ils eussent pris les dispositions nécessaires à l'égard de leurs intérêts; et attendu aussi que la difficulté de trouver une succession de dépositaires convenables pour un tel dépôt, doit exposer les pétitionnaires à de graves embarras, et même à la perte de leur propriété; en même temps que la crainte de semblables embarras et inconvénients peut empêcher d'autres charitables personnes, favorablement disposées pour les divers buts de leur institution, de leur faire telles donations, — dans les limites voulues relativement à la valeur et au revenu, — qui les mettraient en état de se rendre plus généralement utiles ;
« Attendu qu'aucun remède efficace et convenable ne peut être apporté à tous ces inconvénients sans un acte émané de l'Assemblée générale, qui constituerait les pétitionnaires en association incorporée , avec succession à perpétuité et tels pouvoirs et privilèges requis pour posséder des propriétés et en disposer, ainsi qu'il serait jugé légitime et convenable; et attendu que les faits mis en avant dans ladite pétition ont paru vrais, et par conséquent la demande qui est faite a paru raisonnahle et convenable ;
« Il est par conséquent décrété par l'Assemblée générale du Maryland que lesdites — suivent tous les noms cités plus haut — et toutes celles qui leur succéderont, et qui deviendraient ci-après Sœurs de Charité , selon les règles et règlements de leur association , tels qu'ils pourront être à un moment donné, seront et sont, par les présentes, constituées en corps et corporation, sous le nom et titre de Sœurs de Charité de Saint-Joseph ; avec succession perpétuelle, et pouvoir d'actionner et d'être actionnées ; de posséder et employer un sceau commun; et de prendre et d'occuper en toute propriété ou autrement , dans le comté de Frederick , en l'État ci-dessus , la ferme dans laquelle elles demeurent actuellement , et toutes autres terres et biens immobiliers, et tous biens mobiliers ou propriétés mobilières de nature mixte ; et lesdites terres et propriétés mobilières, immobilières et de nature mixte, de les vendre, donner à bail, céder et transférer d'une manière aussi pleine et entière que toute personne ou corporation possédant des terres et biens mobiliers, immobiliers ou de nature mixte, peut vendre, donner à bail, céder et transférer lesdits; et de percevoir et recevoir les loyers, profits, avances et émoluments de tous biens par elles ainsi occupés ou possédés , et d'appliquer lesdits aux usages de leur dite association, selon les règles et règlements établis à un moment donné , pour le gouvernement d'icelle. A condition toujours qu'à aucun moment quelconque elles n'occuperont , n'emploieront , ne posséderont et n'habiteront pas . en toute propriété légale, ou en fidéicommis à leur avantage, plus de huit cents acres de terre; et que leur propriété immobilière n'excédera , à aucune époque , la somme ou valeur de cinquante mille dollars.
« Pour copie conforme :
a G. HARPER. »>
NOTE 20 (Voir page 386.)
En 1808, à l'époque où le Souverain Pontife avait créé les premiers sièges épiscopaux aux États-Unis, M. Carroll avait pensé d'abord à M. Matignon pour le siège de Boston. Ce fut sur le refus de M. Matignon, qu'il le proposa à M. de Cheverus. Pendant dix ans,, l'humble et vénérable prêtre vécut sous l'épiscopat de son saint ami , poursuivant ses travaux apostoliques avec un zèle infatigable. Voici ce que dit de lui l'auteur anonyme du Catholic magazine : « Les talents de M. Matignon étaient d'un ordre supérieur. Le célèbre docteur joignait à une grande intelligence une raison forte, un jugement excellent. Son savoir était vaste , exact et profond. Ses discours, composés avec art, se paraient magnifiquement des couleurs de la poésie. On comprenait , en l'entendant, qu'il avait vécu dans la familiarité des Pères de l'Eglise et des beaux génies de tous les âges. Sa théologie n'était ni purement spéculative , ni purement pratique ; elle était un mélange de pensée, de sentiment et d'action. 11 s'était fait une méthode où s'alliaient heureusement l'étendue et l'élévation de ses connaissances avec l'humble recherche de l'esprit de ses dévotions. C'était un homme de manières accomplies, né au sein de l'élégance et de la politesse , formé dans la compagnie des cardinaux, des prélats, des gentilshommes; possédant une bonté et une délicatesse de cœur qui le portaient à se faire une étude des besoins de tous ceux qu'il connaissait, et à aller sans cesse au-devant de leurs désirs. » C. Moreau, les Prêtres français émigrés aux Étals- Unis.
Ce charme des manières , cette exquise politesse , que
l'auteur américain a remarqués en M. Matignon, et qu'il apprécie avec tant de justesse, caractérisait à un haut degré notre ancien clergé français; et Ton peut dire, toute la bonne compagnie, au siècle dernier. Ajouterons-nous, que la tradition en a disparu, au contact de la vie moderne, mesquine et sans gêne.
(Voir p. 413.)
Quand nous parlons, à propos de M. Brute de Remur, des charges que le plus dévoué des pasteurs peut faire entrer dans sa vie, c'est une idée un peu vague, peutêtre, celle qui s'éveille à ces paroles. Pour montrer le sens qu'il conviendrait d'y attacher, il existe des documents bien intéressants que nous allons reproduire.
M. Brute se faisait une loi de fixer par écrit, chaque fois qu'il le pouvait, le souvenir des occupations de ses journées; c'était pour lui comme une sorte de mémorandum d'après lequel il faisait son examen de conscience. Ces notes , devenues après sa mort la possession de son successeur au siège épiscopal de Vincennes, — M. de la Hailandière, — ont été publiées par M. J.-R. Bayley, archevêque de Baltimore. — Plus éloquentes dans leur négligence et leur rapidité que tout ce qu'on essaierait de dire, elles font comprendre ce que peut être la vie d'un vrai prêtre missionnaire.