‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 32 sur 226 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

propre à lui donner son caractère distinct , on ne pouvait guère déterminer un choix de ce genre. Toutefois, à la demande de la mère Seton , il fut convenu qu'elle et ses compagnes prendraient le nom de Sœurs de Saint-Joseph. L'inclinalion de sa piété l'avait portée à mettre les Sœurs , les enfants de son école , les enfants de son propre sang, et aussi elle-même, sous le patronage du plus favorisé de tous les saints, celui qui fut le gardien de l'enfance du Fils de Dieu sur la terre, le protecteur des jeunes années de notre Sauveur.

On n'avait pas songé, dans les premiers temps, à convenir d'un costume pour les Sœurs. La mère Seton leur proposa d'en adopter un, qui se rapprochait assez du vêtement qu'elle n'avait pas quitté depuis la mort de son mari. C'était une longue robe noire avec un mantelet et un capuchon, comme en portaient les religieuses qu'elle avait vues en Italie. La coiffure était une sorte de petit chapeau en mousseline empesée, d'une blancheur éclatante, avec une ruche plissée de pareille étoffe encadrant le visage. Un bandeau de crêpe noir couvrait les cheveux au-dessus du front, et venait se nouer sous le menton. Les Sœurs revêtirent ce costume le 1er juin 1809. Elles le portaient le lendemain, jour de la fête du Saint- Sacrement, quand elles sortirent pour assister à la messe

solennelle dans la chapelle du séminaire de Sainte- Marie. Toutes y reçurent la sainte communion , comme le sceau de leur consécration à Dieu et de leur engagement à la tâche qui désormais devait remplir leur vie. Ce fut là une scène touchante; toutes les personnes qui en furent témoins se trouvèrent édifiées extrêmement. La joie qui brillait sur le modeste visage de ces Sœurs si pieuses , si dévouées , était partagée de tous ceux que la chapelle avait pu réunir.

Peu de temps après, la communauté s'accrut encore de deux nouvelles aspirantes , Mme Rose White «, de Baltimore, et Mlle Catherine Cullen. Cette dernière ne tarda pas à être suivie d'une autre personne qui depuis longtemps était consumée du désir de se réunir à notre chère Elizabeth Seton. Ceux qui jusqu'à présent nous ont suivis dans ce récit ne devinent-ils pas qui nous voulons dire? Cecilia ! c'était elle qui arrivait, la septième à son tour; par le cœur, la première. Ce que nulle combinaison humaine n'eût obtenu fut accompli en sa faveur par le Tout-Puissant. Prêt à la retirer de ce monde, et à lui ouvrir le trésor des récompenses éternelles , le Dieu qu'elle avait aimé jusqu'à lui sacrifier les joies de sa jeunesse et

i Mme White était veuve.

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