‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 33 sur 226 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

le repos de sa vie, la dédommageait dès icibas par un pur et complet bonheur. Sans qu'aucun de ceux qui l'entouraient y eût pris garde, sans qu'elle-même s'en fût aperçue, tant d'efforts pour accepter avec douceur un état d'incessantes contrariétés avaient exercé sur sa santé un funeste effet. Quand on découvrit qu'elle était atteinte d'un mal déjà grave, il était trop tard. L'air et le soleil avaient fait défaut à cette plante délicate, elle avait dépéri trop longtemps, et ne pouvait plus que languir. La tristesse de ses parents fut extrême. Ils essayèrent tout en leur pouvoir pour arrêter les progrès du mal qu'ils avaient fait à leur insu. Désormais, Gecilia n'aurait plus de contrariétés à craindre. Le moindre de ses désirs, à peine exprimé, serait entendu.

Elle demanda seulement qu'il lui fût permis d'aller rejoindre Elizabeth. A l'instant on lui en facilita les moyens. Sans parler d'une personne attachée à son service, on lui donna pour l'accompagner Harriet , qui depuis quelque temps s'était constituée sa garde- malade, et son jeune frère Samuel. Elle était mourante à demi, lorsqu'elle fut transportée, au milieu des larmes de toute sa famille, à bord du navire qui devait l'emmener. De violents frissons la saisirent sitôt qu'elle fut entrée dans sa cabine. Mais dès le lendemain l'air de la mer, la

distraction autour d'elle, plus encore le contentement qu'elle éprouvait , amenèrent un mieux sensible dans son état. Elle reprenait courage et vigueur à mesure qu'elle approchait de Baltimore. La vie semblait revenir vers elle, avec son tardif bonheur.

Les ravages que son mal avait produits étaient pourtant si visibles , qu'ils glacèrent d'effroi le cœur d'Elizabeth, accourue toute joyeuse au-devant d'elle pour la recevoir. Quant à Cecilia , du moment qu'elle se retrouva entre les bras de sa sœur, elle n'eut que transports de joie, effusions de tendresse, élans de son âme remplie de gratitude envers Dieu. Aucune ombre menaçante, aucun pressentiment ne vint assombrir pour elle cette heure radieuse.

Les forces qu'elle avait retrouvées durèrent peu ; sa langueur et sa faiblesse redevinrent extrêmes. Après un court séjour à Baltimore, son frère Samuel s'éloigna; mais il laissa Harriet auprès d'elle. A quelque temps de là, les médecins qui la soignaient voulurent qu'on lui fît respirer l'air vif de la campagne. Il fut aussitôt résolu qu'on la conduirait dans la montagne d'Emmettsburg. La mère Seton désira l'y accompagner; elle emmena également Harriet, Anna et la sœur Maria Murphy. On se mit en route le 21 juin.

La joie d'avoir avec elle ses deux jeunes

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