‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 47 sur 226 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

sera, s'il vient à être brisé, la plus vive de toutes mes souffrances, ce sera Dieu qui l'aura voulu , et ce sera pour mon bonheur éternel. Jamais plus je ne formerai un engagement de cette nature. Je m'efforcerai d'oublier; et je prendrai pour unique ami Celui qui ne nous abandonne jamais. A Jésus, je donnerai mon cœur. Je lui demanderai de l'unir à son cœur saignant et blessé. J'ensevelirai dans cet abri, comme en un tombeau , mes chagrins les plus secrets. »

Elle disait encore : « Il faut que j'apprenne à soumettre ce corps de péché aux châtiments qu'il mérite , et à demander cette grâce sanctifiante qui changera toute peine soufferte icibas en une gloire éternelle. C'est à Dieu que je veux offrir toutes mes souffrances , tous mes chagrins, tous mes ennuis; le priant de les unir aux afflictions, aux délaissements, aux angoisses que mon adorable Rédempteur a endurés pour me sauver. J'irai me mettre en esprit au pied de sa croix; je le supplierai de permettre qu'une goutte du précieux sang qu'il y a répandu rejaillisse jusqu'à moi pour éclairer, soutenir, fortifier mon âme, en cette vie; et assurer, après, mon salut éternel. 11 connaît toute ma faiblesse et les misères de mon cœur; mais il a déclaré lui-même que, comme un père a compassion de ses enfants, il aura compas-

sion de nous. Quand la tristesse viendra m'assaillir, je reposerai ma lête sur le sein de l'innocent Jésus, avec la ferme assurance qu'il guérira toutes mes blessures, chacune en son temps. Ce soupir d'un cœur affligé, ce gémissement qu'aucune oreille humaine n'a pu entendre, est écouté du Dieu du ciel; cette larme silencieuse, inaperçue, dédaignée, est recueillie par lui. »

Elle reçut le sacrement de confirmation vers la fin du mois de novembre, des mains de M. Carroll, qui 'était venu visiter lui-même cette communauté, à laquelle il portait un si vif intérêt. Quand l'onction des combattants du Christ eut touché son front, elle sentit que l'Esprit-Saint lui avait accordé le don de force, et l'avait armée pour la lutte. L'attaque allait redoubler, et de toutes parts.

En vain, ses parents et ses amis firent-ils pleuvoir sur elle lettres sur lettres, dans lesquelles ils lui adressaient tantôt de tendres' reproches, tantôt de violentes admonestations, tantôt encore de longues controverses remplies de raisonnements captieux; elle s'y montra absolument insensible. Les yeux fixés sur la récompense d'en haut , elle poursuivait sa course, et s'efforçait d'avancer de plus en plus dans la carrière, par la pratique de la mortification, l'application aux œuvres de miséri-

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