‹ Elizabeth Seton et les commencements de l'église catholique aux Etats-UnisChapitre 49 sur 226 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

tivée. Vous sentirez un vide que rien ne pourra remplir. La longue, longue vie, que vous aurez en perspective vous semblera comme en une terre étrangère avec des habitants étrangers. Pensez-y !

« Savez -vous, ma très chère, que malgré ma négligence envers vous, malgré que vous ayez peu sujet de penser que je vous aime , comme je le fais, d'une tendresse sans bornes, je donnerais avec joie, Dieu m'en est témoin, ma vie pour vous obtenir les consolations qui peuvent accompagner cette dernière heure; je veux dire la paix d'une âme qui s'en va vers son meilleur, son plus tendre, son plus cher ami. Quand je pense à vous , je voudrais parfois partir, m'en aller, pour vous arracher de tout; vous enveloppant dans mes bras , et vous serrant contre ce cœur qui vous aime , et vous a aimée depuis si longtemps ! Que ne donneraisje pour vous inspirer seulement un peu de goût pour la piété! Chère, chère amie, vous riez. Eh bien ! tandis que vous riez , pensez au moins quelle folle idée c'est de croire que la piété fait naître la mélancolie et le dégoût universel. Ceux qui pensent ainsi connaissent bien peu la joyeuse attente d'une âme dont les pensées se tournent, avant tout, vers une autre vie. C'est inconcevable, la liberté dont elle jouit! Elle a, non moins que les autres, sa

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part de soins et de soucis ; mais l'effet en est si différent! Les passions, les faiblesses humaines n'ont pas disparu ; mais elles ne sauraient triompher là où règne la divine paix ! Elle est délicieuse, cette paix, Julia. Faites connaissance avec elle ! »

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